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Finance

11 Septembre 2001: comment les salles de marché se sont adaptées



Publié le 10 sept. 2021 à 17:00

Vingt ans après le 11 Septembre, les salles de marché du monde entier ont tiré les leçons des attaques terroristes. En septembre 2001, Wall Street avait arrêté de fonctionner quatre jours, soit la plus longue suspension depuis la Grande Récession. La plupart des équipements informatiques, logés en sous-sol, avaient été détruits. Des traders se sont trouvés incapables de connaître leur exposition, et les communications sur les opérations de compensations étaient impossibles avec les sites de secours.

« Il y a vingt ans, le risque terroriste était beaucoup moins considéré parmi les risques », explique Pascale Moreau, responsable des opérations et de la supervision des activités de marchés chez Société Générale. « La perte d’accès aux salles de marché était un scénario moins mis en avant qu’aujourd’hui », appuie Hervé de Brabois, responsable de la supervision du front office.

« Nous savions que les tours pouvaient flamber. Nous avions mis en place des systèmes de ‘book tournants’ qui assuraient une gestion des risques entre différentes places financières. Mais nous avons sous-estimé les risques d’une trop forte concentration des équipes sur un hub. Clairement, c’était une faiblesse », témoigne aussi un ancien responsable de salle.

Passage au tout électronique

Après le 11 Septembre, décentraliser les transactions, les données et les équipes est devenu le nouveau mantra à Wall Street. Dans la foulée, les budgets d’investissement des firmes ont plus que doublé, et 60 % ont été alloués aux systèmes d’information : 16.000 stations de trading ont été remplacées, de même que 34.000 ordinateurs et 8.000 serveurs.

Les attaques terroristes ont ainsi joué un rôle majeur dans le passage au tout électronique des marchés. « Nous étions moins basés sur l’électronique alors, nous le sommes beaucoup plus aujourd’hui. Il y a clairement un lien avec le 11 Septembre », témoigne dans « Institutional Investor » Michael Rutigliano, courtier sur le NYSE.

Cygnes noirs

Mais en faisant basculer l’épicentre des risques sur l’informatique, les attentats ont aussi aveuglé des banquiers sur les risques financiers : « Le 11 Septembre nous a donné un faux sentiment de sécurité. Il a semblé impossible que Lehman fasse faillite , de la même façon qu’une des tours du World Trade Center s’effondre », considère un expert du risque dans « Institutional Investor ».

L’avis n’est pas partagé dans les salles de marché. Depuis le 11 Septembre, les « cygnes noirs », ces risques majeurs à faible probabilité, sont entrés au contraire au coeur de l’analyse, rétorquent les responsables des salles de marché de Société Générale. « Nous poussons les hypothèses au plus extrême », disent-ils.

Au coeur de la crise entre la Chine et Hong Kong, la banque était prête : « Nous avons envisagé que les communications soient coupées avec l’île, insiste Pascale Moreau. Nous avions transféré plus d’équipes à Singapour et Tokyo et nous étions prêts à Paris à reprendre les book de trading. Il nous suffisait d’appuyer sur le bouton. »



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