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Economie

120 tonnes de poireaux bio évitent la destruction grâce à une association caritative


Ces légumes allaient partir à la poubelle. Jusqu’à ce qu’une association décide d’organiser un glanage ce mercredi 4 mai.

Bonne nouvelle pour une production bio et locale de deux maraîchers originaires de Côtes-d’Armor. Alors que plus de 120 tonnes de poireaux étaient destinées à la destruction, une association a décidé de se les procurer, évitant ainsi le gaspillage d’un volume agricole plus que conséquent. Une destruction du fruit de leur propre travail qui s’explique par le fait que l’exploitation familiale de 130 hectares de Pierre et Mathieu Adam, convertie au bio depuis 2010, n’arrive pas à vendre leurs produits à des prix qui leur permettraient de vivre décemment. «On se retrouve aujourd’hui face à un prix de revient qui ne nous incite même plus à se donner la peine de récolter» affirme Mathieu Adam.

Pourtant l’agriculture bio connaît depuis quelque temps, en France, une croissance exponentielle, portée par un certain engouement des consommateurs pour des produits, à première vue, plus respectueux de l’environnement et de la santé. Selon le Ministère de la Transition Écologique, le bio représente ainsi 200 000 professionnels en 2020 [en augmentation de 19% par rapport à 2019] et 9,5% de la surface agricole du pays. Le marché des produits bio français est d’ailleurs le deuxième plus important d’Europe, juste derrière l’Allemagne. Pourtant, celui connaît, depuis l’année dernière, un net ralentissement. «L’année 2021 constitue un tournant car les ventes de bio se sont retournées après des années de croissance à deux chiffres» explique Emily Mayer, référente consommation à l’Institut de Recherche et d’Innovations (IRI). Ce fléchissement de 3,1% des ventes de produits bio entre 2020 et 2021 serait dû, selon elle, à plusieurs facteurs. «Du côté de l’offre, le nombre de nouveaux produits bio a diminué, coupant ainsi le secteur d’un levier mécanique de croissance. Du côté de la demande, on constate une réelle crise de confiance autour du bio, sans parler du prix souvent élevé qui constitue un véritable frein». Les produits agricoles bios sont, en effet, 40% plus chers que les produits issus de l’agriculture conventionnelle.

Une association à la rescousse de près de 120 tonnes de poireaux

Cependant, ce que dénoncent surtout les deux maraîchers est le décalage entre le prix des produits vendus en rayon et le niveau de leur rémunération. «Les grandes surfaces font vraiment trop de marges avec le bio» affirme Mathieu Adam. «À l’heure actuelle, pour un kilo de poireaux, on est payé entre 50 et 70 centimes, alors qu’on constate que dans certains magasins, celui-ci peut être vendu à 4€ en moyenne, voire à 6,98€ dans certains». Ainsi, faute de prix leur permettant d’être tout simplement rentables, ces derniers étaient contraints de détruire près de 120 tonnes de poireaux bios. «L’État doit vraiment prendre conscience que l’on parle d’individus qui travaillent plus de 90h par semaine et qui se retrouvent obligés de jeter leur production. S’il veut vraiment développer le bio, il va falloir agir sur les marges des grands magasins» estime Mathieu Adam. «Dans tous les cas, il est central de bien faire comprendre à tout le monde que le bio doit être accessible et ne plus être considéré comme un produit de luxe» conclut-il.

Cependant, une association ne l’a pas entendu de cette oreille. La Solaal (Solidarité des Producteurs Agricoles et des Filières Alimentaires), association basée Plérin (Côtes-d’Armor) et qui cherche à «faciliter le lien entre les donateurs des filières agricoles et les associations d’aide alimentaire», a proposé aux maraîchers d’organiser un glanage mercredi 4 mai. «C’est notre cœur de métier que de gérer les invendus pour les donner aux associations» assure Benoit Ribardière, coordinateur régional de Solaal Bretagne. «Les agriculteurs nous ont ainsi donné l’autorisation de glaner la parcelle dont la production allait être détruite. La Solaal a, par la suite, pris contact avec le lycée agricole de Pommerit et des bénévoles de la Banque alimentaire pour ramasser ces poireaux» explique Benoit Ribardière. Les associations, comme la Banque alimentaire ou Restos du Cœur des Côtes-d’Armor, pourront ainsi bénéficier du fruit – ou plutôt du poireau – de cette récolte afin de les distribuer aux plus démunis et «aux réfugiés ukrainiens pris en charge par la Banque alimentaire dans le département» précise Benoit Ribardière.

Les bénévoles de la Banque alimentaire se sont donc attelés à la récolte de près de 120 tonnes de poireaux. Benoit Ribardière

À VOIR AUSSI – Agriculture bio: une imposture?



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