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Economie

40% de l’activité temporairement délocalisée en Allemagne, selon les syndicats


La hausse des prix de l’énergie serait la raison d’un tel transfert d’activité.

L’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) projette de délocaliser temporairement 40% de sa production en Allemagne en raison de la hausse des prix de l’énergie, a-t-on appris mercredi auprès des syndicats, son propriétaire affirmant qu’aucune décision n’avait encore été prise. Cette annonce a été faite mardi par la direction, ont indiqué à l’AFP des représentants de la CGT et de la CFDT, confirmant une information de la Voix du Nord. «Nous n’avons pris aucune décision», a cependant déclaré Ute Engel, la porte-parole du groupe sidérurgique allemand Saarstahl, propriétaire d’Ascoval.

«Les prix de l’énergie ont explosé» et le groupe étudie «toutes les options temporaires (…) pour limiter les effets négatifs résultant de cette phase», a-t-elle ajouté. L’entreprise affirme maintenir sa stratégie de développer la production d’«acier vert» à Ascoval.

Selon un représentant CFDT – qui ne souhaite pas voir son nom publié – le transfert d’activité doit débuter «fin décembre» et «jusqu’au mois de mars». «On a connu par le passé des délocalisations temporaires qui sont devenues définitives», a-t-il ajouté. «Cette décision survient quatre mois après notre reprise» par le groupe Saarstahl, a pour sa part rappelé Cyril Morelle, élu CGT, dans un communiqué à l’AFP. Il craint «des semaines de sous-activité et de chômage pour l’aciérie».

Tandis qu’Ascoval est équipé de fours électriques, l’acier produit par le groupe en Allemagne utilise des hauts-fourneaux alimentés au charbon. «Un haut-fourneau a toujours été beaucoup moins cher qu’une aciérie électrique mais avec l’inflation (de l’énergie), on est beaucoup moins rentables qu’avant», explique le représentant CFDT. «La filière électrique se trouve donc mise de côté pour préférer une filière bien plus polluante, la filière hauts-fourneaux. Une aberration», déplore Cyril Morelle.

Un soutien de l’Etat avant sa reprise

Le député du Nord et candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a écrit mercredi au ministre de l’Économie Bruno Le Maire pour lui demander «d’intervenir sans délai auprès de l’actionnaire».

Le rachat par Saarstahl de l’aciérie Ascoval à Liberty Steel, en difficulté, avait été validé par la justice le 2 août. Le conseil régional des Hauts-de-France avait abandonné une partie du prêt de 12 millions d’euros accordé à l’aciérie afin de finaliser cette reprise. L’État français s’était impliqué pour soutenir Ascoval avant sa reprise, notamment en débloquant un prêt de 20 millions d’euros pour payer les salaires. «Nous ne vous laisserons jamais tomber», avait alors lancé Bruno Le Maire aux salariés.

Avec 270 salariés, Ascoval produit des «blooms» (barres d’acier) pour Hayange (430 salariés), qui fabrique des rails en acier ensuite destinés aux principaux réseaux ferrés européens, notamment SNCF Réseau et la RATP. Créée en 1975, Ascoval se présente, après 150 millions d’investissements ces dernières années, comme «l’une des aciéries les plus modernes et écologiques d’Europe».



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