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Finance

A Kaboul, le grand bazar de la finance à l’épreuve des talibans



Publié le 8 oct. 2021 à 6:37

Le poumon financier de l’Afghanistan fonctionne à nouveau. Fermé pour trois semaines par les talibans deux heures à peine après leur prise de Kaboul le 15 août, le bazar des devises de Sarai Shahzada remplit plusieurs fonctions : échange de monnaies étrangères, transfert d’argent dans près de 120 pays, prêts, conservation des dépôts… Seulement 15 % des Afghans ont un compte dans la vingtaine de banques du pays.

Ce marché, créé en 1957, est vital pour l e système financier afghan et sa réouverture était indispensable. « Il avait connu un essor très important durant le premier règne des talibans (1996-2001). Avec un système bancaire local en lambeau et les sanctions internationales, le marché de Sarai Shahzada est devenu le centre financier du pays. Même après la chute des talibans, remplacer les bureaux de change par les banques n’était ni faisable ni réaliste, et les autorités avaient choisi de réguler ce marché en octroyant des licences aux bureaux de change », rappelle Nafay Choudhury, chercheur à l’université de Cambridge, dans la revue Foreign Policy.

Corporation

Aujourd’hui, près de 400 bureaux de change opèrent dans ce grand bazar des monnaies. Situé dans un bâtiment de quatre étages disposant d’une seule entrée gardée en permanence, il jouxte un autre bazar, celui de Mandawi, une artère marchande très fréquentée par les commerçants (matières premières, biens…).

Les transactions sur les monnaies ont pu atteindre certaines journées plusieurs centaines de millions de dollars. La banque centrale afghane veille sur l’activité du bazar aux monnaies en effectuant quelques missions de contrôle. Mais la corporation des financiers du bazar voit d’un très mauvais oeil toute intervention extérieure. Elle souhaite préserver son autonomie. Depuis 2010, le marché dispose de sa propre justice et de son syndicat pour régler les litiges entre ses membres. A l’origine, ces derniers étaient en majorité des Afghans d’origine indienne et sikh, mais ils ont fui dans les années 1990, victimes de persécutions religieuses.

Enchères

L’arrêt de l’aide financière internationale et la raréfaction des devises étrangères en Afghanistan vont pénaliser l’activité de ce marché informel des monnaies. Les firmes du bazar doivent avoir obtenu une licence auprès de la banque centrale pour avoir accès aux devises qu’elle propose à la vente, à un taux qui varie en fonction de l’intérêt pour ces « enchères ». Ainsi, du 1er juin au 15 août, la banque centrale proposa 1,5 milliard de dollars, mais seulement 714 millions furent achetés par les bureaux de change. Avec le plongeon des réserves en devises étrangères de la banque centrale, ces enchères risquent de se raréfier. Un problème pour les entreprises et les commerces du pays, car les dollars collectés par les bureaux de change auprès de la banque centrale sont ensuite destinés à leur être prêtés.



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