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Economie

À Paris, les prix immobiliers baissent dans tous les arrondissements


Paris, je t’aime, moi non plus. Selon la dernière étude publiée par la plateforme d’estimation immobilière Meilleurs Agents, on note une baisse généralisée des prix parisiens dans tous les quartiers de 1,7%, sur l’année 2021. Seul le 4ème arrondissement est l’exception (très légère) qui confirme la règle: +0,3%, en un an. C’est le 3e arrondissement de la capitale qui enregistre la plus forte baisse: -3,3% en un an. «Ce sont les arrondissements du centre qui baissent le plus habituellement car ce sont les arrondissements les plus chers et donc les premiers à perdre en attractivité quand les ménages ont d’autres pistes en périphérie», explique Meilleurs Agents.

» LIRE AUSSI – Paris: les prix de l’immobilier, quartier par quartier

«Pour moi, le signal le plus fort de ce désamour pour les grandes villes vient de la capitale elle-même. En 2021, Paris ne fait plus recette. Alors qu’il y a encore dix-huit mois, elle était en passe d’atteindre les 11 000 € le m², elle termine cette année à moins de 10 203 € le m², soit -1,7% de variation sur l’année 2021», affirme Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents.

Et pourtant, Paris a connu une hausse des prix immobiliers de 21,7% sur 10 ans et de 23,3 % ces 5 dernières années. Elle avait connu une hausse de 1,8% en 2020. C’est seulement depuis le 1er janvier 2021 que la capitale enregistre une chute des prix de 1,7%.

Une baisse qui n’a pas vocation à perdurer?

Même constat du côté de la Fnaim: Fédération Nationale de l’Immobilier, dans son étude du marché immobilier en octobre 2021: «Les prix se stabilisent à Paris (-0,4 %), après avoir fortement augmenté de 2015 à 2020. On assiste donc à un changement de morphologie du marché, une redistribution de la dynamique des prix. La dynamique de Paris s’est interrompue et les villes petites et moyennes sont nettement plus dynamiques qu’avant la crise.»

Cette baisse des prix et ce désamour s’accompagnent forcément d’une hausse des stocks disponibles dans la capitale. La société Yanport, spécialiste de la donnée immobilière qui scrute les petites annonces sur les différents portails montre ainsi que les stocks ont bondi de 30% en moyenne dans Paris (voir la carte ci-dessous, par arrondissement) alors que l’augmentation est plus faible en Île-de-France: de 6% en Seine-et-Marne à 25% pour les Yvelines. Même type d’évolution pour les durées de publication des annonces qui ont augmenté de 50% à Paris alors que dans les autres départements elles ont au plus grimpé de 28% (Hauts de Seine).

Les grands gagnants de cette évolution seraient les territoires situés en grande couronne comme la Seine-et-Marne et le Val-d’Oise qui enregistrent une belle hausse: +6,5% en 1 an, selon Meilleurs Agents. De son côté Yanport parvient à des conclusions similaires avec des hausses encore plus importantes (sur les prix affichés): + 8,93% pour la Seine-et-Marne, +6,97% dans le Val-d’Oise et tout de même +6,55% dans le Val-de-Marne et + 6,31% dans l’Essonne. Dans le détail en prenant en compte la typologie des logements (voir tableau ci-dessous), les chiffres de Yanport permettent de confirmer que ce sont les petites surfaces dont les prix baissent le plus à Paris (-2,55% pour les 2 deux-pièces et -2,32% pour les studios/1 pièces) tandis que dans le reste de l’Île-de-France les plus fortes hausses concernent les plus grands logements: les 5-pièces bondissent de 12,16% en Seine-et-Marne et les 4-pièces de 12,13% talonnés par les 5 pièces et plus dans les Yvelines (+11,79%) et dans le Val-d’Oise (+11,7%).

La Fnaim reste néanmoins persuadée que cette baisse des prix n’est que temporaire: «Pour autant, Paris conserve beaucoup d’atouts, et ne devrait pas voir ses prix baisser significativement: reprise à venir du tourisme et des achats de la clientèle étrangère, attractivité économique et culturelle, offre neuve structurellement limitée, etc., en plus des fondamentaux favorables du marché du logement.»



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