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Economie

accusé de renoncement, l’exécutif réitère son soutien aux pêcheurs


Emmanuel Macron a indiqué ce vendredi qu’il ne comptait pas «lâcher nos pêcheurs», après que des compensations ont été proposées par le ministère de la Mer.

L’exécutif a finalement décidé de muscler encore le discours. «Nous allons continuer à nous battre, nous ne lâcherons pas nos pêcheurs», a ainsi assuré ce vendredi Emmanuel Macron lors d’un déplacement dans le nord de la France. Il faut dire que depuis 24 heures, les pêcheurs qui peinent à obtenir une licence pour exercer leur activité dans les eaux britanniques et dans celles des îles anglo-normandes avaient les déclarations d’Annick Girardin en travers de la gorge. La ministre de la Mer avait en effet annoncé la veille qu’il fallait «prévoir l’avenir de la filière» en envisageant de délivrer des indemnisations aux navires qui ne décrocheraient pas de licence.

Cette mesure, censée rassurer quant à la prévoyance du gouvernement, a été perçue comme un aveu d’échec pour la profession et l’opposition. «La défaite elle était prévisible (…). C’est un fiasco», a réagi auprès de l’AFP Pascal Delacour. «La France a baissé son froc et a abandonné ses jeunes marins car c’est surtout eux qui n’ont pas de licences», s’est emporté ce patron d’un chalutier de Granville (Manche), en face de Jersey. Il a accueilli comme une bombe le «plan de sortie de flotte» esquissé par le gouvernement. Annick Girardin a évalué l’enveloppe des indemnisations entre «40 et 60 millions d’euros». Une somme qui serait puisée dans les fonds européens prévus pour accompagner les conséquences du Brexit.

Le gouvernement réaffirme sa détermination

Les pêcheurs avaient déjà vécu comme une défaite la baisse des exigences françaises concernant le nombre de licences demandé. Selon un décompte réalisé par l’AFP, le gouvernement français ne demande plus que 150 licences, contre 170 il y a un mois. À ce jour, les îles anglo-normandes et Londres ont accordé 220 licences au total. Le gouvernement français, qui a par ailleurs brandi pendant plusieurs mois la menace des sanctions, a finalement renoncé à les faire appliquer à la date annoncée du 1er novembre.

Dans ce contexte, l’annonce de préparation d’un plan de sortie par Annick Girardin n’a pas manqué d’attirer les railleries de l’opposition. L’ex-négociateur du Brexit et candidat à l’investiture Les Républicaines (LR) à droite, Michel Barnier, a critiqué «la résignation» et «le renoncement» du gouvernement face à «la mauvaise foi» des Britanniques. «Emmanuel Macron a capitulé» a pour sa part estimé la candidate à la présidentielle du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen.

Pour le gouvernement, l’enjeu est donc de mitiger les propos du ministère de la Mer et de montrer que Paris ne «baisse pas le pavillon» face aux exigences de Londres. La ministre est elle-même revenue sur ses propos, s’empressant d’ajouter que «la priorité du gouvernement (était) d’obtenir des licences» post-Brexit sans que «cela n’empêche pas de prévoir l’avenir de la filière».

«Nous exerçons aussi une pression sur la Commission européenne pour que les demandes exigées des Britanniques soient plus importantes, plus fermement dites», a ajouté Clément Beaune, qui rencontrera lundi à Bruxelles le vice-président de la Commission chargé du Brexit, Maros Sefkovic. De concert avec le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Emmanuel Macron a également appelé la Commission européenne à «protéger» la France, dans ce dossier hautement politique. «Si la Commission ne joue pas son rôle, la France le fera», a-t-il mis en garde.



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