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Finance

Afghanistan : le banquier central des talibans sort de l’ombre



Publié le 15 sept. 2021 à 12:34

« Mes chers compatriotes. La banque centrale d’Afghanistan assure que toutes les banques commerciales du pays sont supervisées de manière sérieuse et fonctionnent mieux qu’auparavant. Les banques sont parfaitement sûres ». C’est par ces propos rassurants que le gouverneur de la banque centrale d’Afghanistan, commence son premier message officiel. Haji Mohammad Idris avait été nommé fin août par les talibans.

« Dans les pays de la région et du monde, les banques commerciales disposent généralement de 10 % de leur capital sous forme de liquidités disponibles. En Afghanistan c’est 50 %. Par conséquent, le système bancaire est dans de bonnes conditions » plaide le gouverneur. Selon lui, un retour à la normale est envisageable et il remercie le peuple afghan pour « sa patience ». Pour éviter un effondrement du système bancaire, le pays a déjà limité les retraits aux guichets à l’équivalent de 200 dollars par personne et par semaine. A Kabul, de longues files d’attente s’étendent dès le matin devant les banques.

Stabilité, force, confiance

Après son plongeon lié à l’arrivée des talibans au pouvoir, la monnaie afghane s’est stabilisée. Un dollar vaut 85 afghanis et un euro 98 afghanis. Selon Reuters, la banque centrale du pays s’efforce de limiter les transferts d’argent à l’étranger en dollars. Objectif ? Conserver dans le pays des monnaies fortes et stables comme le dollar ou l’euro, et qui sont devenue des « monnaies de luxe » très recherchées. Les entreprises ne peuvent retirer que des afghanis des banques locales et pas des dollars.

Créée en 1939, la banque centrale afghane avait continué de fonctionner, tant bien que mal, après l’invasion des troupes russes (1978), la guerre civile (1989) et l’arrivée des talibans (1996). Ses valeurs sont « Stabilité », « Force » et « Confiance ». Elle assure à sa population que leurs dépôts sont en sécurité dans les banques.

Après la visite du ministre des affaires étrangères qatari, l’Afghanistan pourra peut-être compter sur une aide financière d’urgence de la part du Qatar. L’ancien gouverneur de la banque centrale afghane, Ajmal Ahmady, qui a fui le pays , estime que « les talibans n’ont pas l’argent nécessaire pour gérer un pays », dans des déclarations au think tank « Atlantic Council ».

Il est selon lui pratiquement impossible d’envisager que les talibans « aient un jour accès aux milliards de dollars d’avoirs financiers gelés par les Etats-Unis ». L’avenir du pays, qui avait été durement affecté par la crise du Covid et une nouvelle sécheresse, est « extrêmement problématique ». Sans moyens financiers, le nouveau gouvernement va devoir mener une politique d’austérité (coupes dans les dépenses) qui va générer des troubles dont tentera de profiter l’Etat Islamique.



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