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Finance

Afghanistan : les caisses étaient déjà vides avant l’arrivée des talibans



Publié le 6 oct. 2021 à 15:31Mis à jour le 7 oct. 2021 à 14:59

La situation financière de la banque centrale d’Afghanistan était déjà mauvaise avant l’arrivée au pouvoir des talibans. Un rapport rédigé par des responsables d’institutions internationales début septembre et révélé par Reuters pointe « la mauvaise gestion » de la précédente équipe chargée des finances du pays. Les caisses ont été vidées car la Da Afghanisan Bank (DAB) a dû vendre des dollars pour soutenir sa monnaie dans les mois qui ont précédé l’arrivée des talibans. Ces interventions n’ont pas empêché la devise de plonger. Cette année, le dollar a gagné 17 % à 90 afghanis. L’euro vaut 104 afghanis.

En 2020, près de 190 millions de dollars ont été transférés par la banque de centrale de Kaboul vers certaines de ses filiales situées dans les sept grandes provinces du pays. Or, une partie a été dérobée dans trois de ses filiales mais pas par les talibans, indique à Reuters Shah Mehrabi, en charge de l’audit de la DAB. Le montant des vols n’est pas communiqué.

Lingots à New York

Depuis l’arrivée des talibans, le pays manque de devises fortes comme le dollar ou l’euro. Ses avoirs sont gelés. 9 milliards de dollars de réserves (dollars, or…) sont détenus à l’étranger, notamment aux Etats-Unis. 1,3 milliard de dollars sous forme de lingots d’or sont détenus par la Réserve fédérale de New York. L’aide internationale ne lui parvient plus. Les envois depuis l’étranger de caisses remplies de billets de cent dollars ont cessé depuis le mois d’août.

« Il y a de gros retraits aux guichets dans le pays et la plupart des banques ne fonctionnent pas », a déclaré à la BBC le directeur général de l’Islamic Bank of Afghanistan depuis Dubaï. Les retraits ont été limités à près de 18.000 afghanis (200 dollars) par personne et par semaine mais dans la pratique, les afghans ont droit à bien moins. Fin septembre, la DAB indiquait s’être réunie avec les principaux ministres (finances et commerce) pour bâtir un plan de soutien bancaire pour aider le pays à répondre à ses besoins financiers. Le plan aurait été finalisé mais la banque centrale n’en a pas encore livré des détails.

Le pays, qui importe bien plus qu’il n’exporte, court tout droit vers la faillite financière et le chaos économique . Les fonctionnaires et notamment la police ne reçoivent qu’une fraction de leur salaire.

Pakistan inquiet

Le Pakistan, qui n’a pas reconnu le régime des talibans, s’inquiète du chaos chez son voisin et des risques de contagion. Il réfléchirait à une aide financière, selon le journal « The Express Tribune ». La State Bank of Pakistan pourrait augmenter ses lignes de crédit à son homologue, la banque centrale afghane. Le Pakistan pourrait imprimer les billets en afghanis pour le compte de l’Afghanistan, qui ne dispose pas d’usine d’impression. Avant les talibans, c’était une société polonaise qui imprimait ces billets, mais les envois de coupures ont cessé depuis leur arrivée au pouvoir.



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