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Economie

Améliorer la qualité des logements: un chemin semé d’embûches


Rendre la ville désirable pour y habiter est un sacré défi. Toutes les études montrent que ces logements urbains n’ont cessé de voir leur surface et même leur hauteur sous plafond se réduire ces 20 dernières années. Et dans le même temps, la crise sanitaire a rendu plus forte que jamais l’envie de disposer de plus d’espace et de plus de verdure…

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C’est dans ce contexte difficile que la ministre du Logement Emmanuelle Wargon a lancé l’initiative «Habiter la France de demain». Une table ronde organisée au ministère à l’occasion de la publication du rapport sur la qualité d’utilisation du logement illustre les nombreux obstacles à surmonter pour améliorer la situation. Le président de l’association Qualitel, Bertrand Delcambre, a ainsi rappelé qu’une vaste enquête qu’il avait commandée à Ipsos l’an passé montrait que nos logements ont perdu 27 cm de hauteur sous plafond en 60 ans alors même que les Français ont poussé de 7 cm durant cette période.

Par ailleurs les surfaces des logements n’ont cessé de se réduire et celles des chambres ont perdu 10% pour s’afficher à 11,3 m² et les usagers se plaignent du manque d’espaces de rangement. De son côté, Catherine Sabbah, déléguée générale d’Idheal, think-tank dédié au logement, est parvenue à des conclusions similaires avec l’étude qu’elle a lancée. L’examen de 1700 plans de logements franciliens construits entre 2000 et 2020, a permis de constater le rétrécissement des logements, la perte de «périmètre meublable» et la transformation de bon nombre de cuisines en un «pan de mur dans le salon».

Bouc émissaire

Des critiques que les promoteurs par la voix du président de leur fédération Pascal Boulanger, avoue ne pas entendre et ne pas ressentir. «On rêve de faire mieux et plus grand, explique-t-il, mais entre rareté du foncier et restrictions du PLU, ce n’est pas possible. Si on ajoute 4 ou 5 m² à nos logements, bon nombre d’acheteurs ne pourront plus les financer.» De son côté, Véronique Bédague, directrice générale de Nexity, tout en rappelant que les constructions de son enseigne avaient plutôt grandi ces dernières années, reconnaît qu’il faut entendre les aspirations des utilisateurs, notamment pour le retour de logement traversants plus facile à aérer. Mais pour cela, il faut trouver une équation économique, sachant que les revenus des acquéreurs n’augmentent pas, qu’ils doivent attendre de plus en plus tard pour s’offrir un logement et que l’augmentation de la densité des logements n’est pas souhaitée.

Quant aux architectes, représentés par la présidente de l’Ordre, Christine Leconte, ils se disent évidemment prêts à dessiner ces logements confortables car ils savent le faire, mais encore faut-il les leur commander… Finalement, la plupart des participants, ministre y compris, s’accordent à reconnaître qu’il ne s’agit pas de faire des promoteurs les boucs émissaires de cette situation. Tous reconnaissent que le nœud du problème se situe au niveau du prix du foncier. En tant que maire de Nanterre, Patrick Jarry, estime que les collectivités peuvent et doivent mettre en place des chartes permettant de concilier objectifs de qualité pour les promoteurs et prix maîtrisés pour le foncier et les logements. Une solution qui intéresse le ministère, notamment sur la base d’échanges de bonnes pratiques et de présentation des initiatives en la matière.

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En attendant, le gouvernement compte intégrer au Pinel + qui succédera au dispositif Pinel , des critères de qualité du logement, tels que la luminosité ou l’agencement intérieur. Le dispositif d’aide à l’investissement locatif doit disparaître progressivement d’ici fin 2024 et l’obtention du maximum d’avantages fiscaux pourrait être conditionnée à l’atteinte d’objectifs environnementaux et de qualité. «Les critères retenus seront dévoilés mi-octobre», a précisé Emmanuelle Wargon lors de la présentation du référentiel sur la qualité du logement, réalisé à sa demande par Laurent Girometti, directeur général d’Epamarne et François Leclercq, architecte-urbaniste. Ce document propose notamment d’établir un critère d’une «surface minimale par typologie de logement, gage d’un meilleur confort et de plus de polyvalence dans le temps».



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