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Finance

Apple, le roi des rachats d’actions


Publié le 22 nov. 2021 à 9:30

Il y a aujourd’hui moins d’actions Apple en circulation qu’au début des années 2000. En cause, les rachats d’actions de plusieurs dizaines de milliards de dollars effectués chaque année par la firme à la pomme.

Depuis son premier programme de rachat d’actions en 2013, Apple a dépensé plus de 460 milliards de dollars dans le rachat de ses propres titres. Le groupe de Cupertino a consacré plus de 85 milliards à ces opérations rien que sur l’année écoulée. L’immense majorité des actions ainsi acquises ont été tout simplement annulées dans la foulée.

10 milliards d’actions annulées en 8 ans

Résultat, le nombre d’actions Apple en circulation a fondu comme neige au soleil. Ajusté des divisions successives du nominal, il est passé de 26,3 milliards fin 2012 à 16,4 milliards début novembre 2021, soit une réduction du nombre de titres de plus de 5 % par an en moyenne.

Pourtant, l’ancien patron d’Apple, Steve Jobs, avait toujours refusé d’envisager de tels rachats d’actions. « Ce n’est pas notre travail de gérer nos actionnaires », déclarait-il en 2008, alors que les premiers profits faramineux liés au succès de l’iPhone attisaient la convoitise de ses investisseurs. L’iconique fondateur du groupe, décédé en 2011, estimait que les profits générés par sa société devaient être réinvestis plutôt qu’utilisés pour choyer ses actionnaires.

65 milliards de dollars de trésorerie nette

Tout a changé depuis l’arrivée de Tim Cook aux commandes il y a dix ans. Il faut dire qu’Apple est devenu au fil du temps une véritable machine à cash. La société, désormais valorisée près de 2.600 milliards de dollars, a généré un montant record de plus de 90 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible au cours de sa dernière année fiscale, close en septembre. Difficile d’investir de manière productive autant d’argent chaque année.

Ces rachats d’actions ne sont donc pas près de s’arrêter. Le groupe souhaite réduire sa trésorerie nette à zéro dans le futur. Elle s’élève encore à plus de 65 milliards de dollars aujourd’hui.

Booster la croissance des bénéfices par action

Apple a de bonnes raisons de poursuivre en ce sens. Ces opérations lui ont permis de faire croître son bénéfice par action de manière bien plus rapide que ses revenus, un facteur d’attraction non négligeable auprès des investisseurs. Depuis 2013, son résultat d’exploitation a crû d’environ 10 % par an en moyenne, à peu près au même rythme que son chiffre d’affaires, alors même que son bénéfice par action bondissait de plus de 18 % par an.

Avec une part de marché de l’iPhone relativement stable ces dernières années, « Apple n’est plus vraiment une entreprise à forte croissance », explique Dan Davidowitz, gérant d’un fonds dédié aux valeurs de croissance chez Polen Capital. Elle reste toutefois attractive face à des titres comme Microsoft ou Google grâce à ses rachats d’actions massifs.

Apple pourrait continuer à racheter de 3 % à 4 % de ses titres chaque année ces quinze prochaines années, selon les estimations de Toni Sacconaghi de Bernstein, quitte à s’endetter quelque peu pour financer ces opérations. Mais pour rester attractive sur le long terme, la firme à la pomme devra aussi pousser les feux dans ses activités les plus rentables , en particulier dans les services.



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