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Economie

Après une chute sans précédent, le marché des bureaux doit se réinventer


La crise sanitaire pourrait bien accélérer les mutations de l’offre de bureaux. Un marché qui s’est littéralement effondré au printemps.

Le marché français des bureaux a connu une chute sans précédent au deuxième trimestre 2020, soit le gros de la période de confinement face au coronavirus, montre mardi l’indicateur trimestriel de référence. Entre avril et juin, il y a eu environ deux tiers (-65%) de bureaux loués en moins en région parisienne par rapport à un an plus tôt, selon le bilan Immostat. Cette évolution s’entend en superficie totale, celle-ci s’établissant à 197.500 m². Ce bilan, effectué par plusieurs gros spécialistes du secteur, concerne seulement l’Ile-de-France, mais c’est là que se concentre le gros du marché français.

» LIRE AUSSI – Et si les bureaux de demain ressemblaient à ceux-ci?

«Le marché locatif francilien enregistre le pire trimestre de son histoire, a résumé dans un communiqué le cabinet JLL, l’un des membres d’Immostat. C’est un résultat sans surprise dans le contexte actuel où l’ensemble de l’économie nationale a été mise à l’arrêt pendant près de 2 mois et demi.» Le deuxième trimestre correspond en effet largement à la période de confinement – de mi-mars à début mai – décrétée contre la propagation du coronavirus. «Le confinement a marqué un coup d’arrêt aux mouvements des entreprises, a souligné Marie-Laure Leclercq De Sousa, une experte de JLL. Il faudra probablement attendre septembre (…) pour voir les demandes être réactivées. La question est de savoir si ces projets se transformeront dès le second semestre 2020 ou en 2021.»

Un marché déjà perturbé par le coworking

«Le confinement lié à l’épidémie de Covid-19 a été une expérience grandeur nature pour l’immobilier de bureau», résumait déjà fin juin dans une tribune Méka Brunel, directrice générale du groupe Gecina, l’un des principaux propriétaires de bureaux en France. «Les salariés ont été contraints de travailler à distance pendant plusieurs semaines, et des transformations qui étaient déjà à l’œuvre se sont brusquement accélérées», poursuivait-elle. La patronne de Gecina en vient à une conclusion, a priori peu naturelle pour un groupe qui détient plus de 16 milliards d’euros de bureaux. «Des bureaux vides n’ont pas de valeur en soi», jugeait-elle.

Le marché était déjà perturbé par la vague des immeubles de «coworking» qui proposent de louer de manière très souple des lieux pour travailler avec de multiples animations à la clé. Mais le coronavirus a encore accentué ces discours, car il a montré que de multiples entreprises étaient capables de fonctionner pendant des semaines en laissant leurs employés travailler à distance. Dans ce contexte, une figure du secteur comme Mme Brunel ne croit ni que le télétravail devienne la règle, ni que le marché des bureaux revienne à un statu quo d’avant le confinement. Désormais, «les salariés choisiront aussi les entreprises avec lesquelles ils veulent s’engager en fonction de l’expérience qu’ils vivront sur leur lieu de travail», assure-t-elle.

Mais pour réenchanter les bureaux, il faudra investir. Or, un autre chiffre témoigne du coup d’arrêt de ce marché: celui de l’argent recueilli auprès des investisseurs. À quatre milliards d’euros investis en immobilier d’entreprise sur toute la France, il recule de 58% au deuxième trimestre. «Outre les difficultés techniques liées au confinement, le marché de l’investissement a (…) souffert d’un accès extrêmement sélectif au financement», a remarqué dans une note le cabinet CBRE, autre membre d’Immostat, jugeant néanmoins «solides» les bases du secteur.





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