Image default
Economie

au Parc Astérix, les visiteurs renouent avec les sensations fortes


REPORTAGE – Le parc Astérix a rouvert ses portes ce mercredi 9 juin, après sept mois d’interruption d’activité.

À l’entrée du parc Astérix (Oise), un intermittent du spectacle dissimulé dans son lourd costume d’Obélix observe le ballet des clients qui se succèdent au travers des portiques de sécurité. Pour l’instant, on ne s’arrête guère avec lui pour la traditionnelle photo souvenir. Il est dix heures du matin et la priorité, pour les habitués des lieux, est de trouver une bonne place dans la file d’attente des attractions les plus prisées. C’est-à-dire celles qui offrent le plus de sensations: des petites grappes de clients se dirigent d’un pas résolu vers OzIris, les montagnes russes les plus hautes du parc.

Loopings, virages serrés, segments où les passagers filent à toute allure, tête en l’air: le parc résonne à nouveau des cris surexcités des clients. Cela faisait sept mois que le parc n’en avait accueilli aucun: il avait dû fermer en octobre dernier en raison de la dégradation de la crise sanitaire. Ce mercredi, la longue torpeur a finalement pu prendre fin. François est au rendez-vous : lui et ses trois fils viennent au parc environ deux fois par an. Le coronavirus leur a fait manquer plusieurs de ces rendez-vous et notamment la visite du parc pour Halloween. «Vous l’avez déjà faite? Il faut absolument être au parc Astérix pour Halloween», recommande doctement ce fonctionnaire.

Le retour des habitués

«À chaque réouverture, on recroise les mêmes visages, s’amuse Grégory, manager coordinateur, qui supervise l’accueil des clients à l’entrée du parc. Il y a les clients très réguliers, ceux qui sont abonnés au parc à l’année…» Ce sont ceux-là que l’on rencontre le plus en ce jour de réouverture. Bien que les allées soient loin d’être aussi bondées qu’en temps normal, la fréquentation satisfait Guy Vassel, son directeur adjoint, qui observe cette agitation nouvelle, posté devant une pile de peluches à l’effigie du chien Idéfix. «La fréquentation est deux fois supérieure à celle que nous avions observée l’année dernière à la réouverture», fait-il valoir, alors que 5000 visiteurs étaient attendus pour cette première journée. Guy Vassel renchérit: «et nous sommes d’ores et déjà complets samedi. Nous allons clôturer les réservations pour cette journée car ces derniers temps, beaucoup de personnes réservent à la dernière minute.»

Le parc attire pour l’instant des clients venant des régions avoisinantes, l’Île-de-France et les Hauts-de-France principalement. Sur ce site où 90% de la clientèle est française, l’absence des touristes étrangers ne devrait pas poser de problème majeur cette saison. «Nous espérons que les visiteurs venant du reste de la France seront au rendez-vous cet été,» ajoute cependant Guy Vassel.

Alors que l’année scolaire n’est pas encore tout à fait terminée, le parc observe également une résurgence des demandes de séjour de la part des collèges et lycées, pour des visites scolaires. Inès, Philippine et Charlotte, lycéennes, se sont échappées du groupe scolaire de leur établissement et de la vigilance de leurs encadrants pour profiter d’une visite du parc dans leur coin. «Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu ce genre de moments de liberté,» se réjouit la première, les joues rosies par le passage par montagnes russes. Direction Le Grand Splatch, circuit aquatique bienvenu en cette journée où la chaleur se fait écrasante.

Bandes de jeunes du coin et familles se croisent dans les allées aux couleurs acidulées et à la propreté impeccable, qui donnent l’impression caractéristique d’évoluer dans un village de poupées. Il faut dire que les équipes du parc ont profité des mois de fermeture pour donner un coup de polish au parc. La dizaine de personnes en charge de la décoration du site s’est affairée à repeindre quelques statues, à remettre les installations au goût du jour.

Les équipes de maintenance ont, elles, dû maintenir les opérations de contrôle des attractions, les démonter pour l’hiver, puis les faire tourner régulièrement. Cela n’empêche pas quelques ratés : Cindy, Claudia, Mélanie et Isabelle ont dû renoncer à l’un des manèges en raison d’un dysfonctionnement. Pas grave: les quatre sœurs se sont fait offrir un passage prioritaire pour le Pégase Express. Les trentenaires profitent de billets, achetés voilà plusieurs mois, pour visiter ce parc où elles avaient leurs habitudes lorsqu’elles étaient enfants. «On a laissé les maris et les petits à la maison», pouffe l’aînée en repoussant ses longs cheveux blonds.

Renflouer les caisses

Les quatre sœurs ne sont pas les seules à avoir balisé cette journée de repos. Aurélie et Rodrigue ont amené leurs trois enfants, en leur sucrant au passage une journée d’école. «On en avait besoin», souffle Rodrigue, les poings sur les hanches, tandis que son épouse se saisit d’un pistolet de crème solaire. Il est aide-soignant, elle est infirmière, tous deux ont été en première ligne face à la crise sanitaire à l’hôpital. Ils se félicitent d’avoir enfin pu exhumer des billets d’entrée achetés à l’avance, mais qu’ils n’ont pas pu utiliser pendant des mois.

Si le parc peut se féliciter d’avoir vu ses clients reporter leurs séjours plutôt que de les annuler ces derniers mois, l’enjeu est désormais de maintenir la cadence en termes de fréquentation, et ce malgré les limitations d’ordre sanitaire. Le parc doit faire respecter une jauge de 65% des capacités totales d’accueil. Pour renflouer les caisses, il mise donc sur l’extension des horaires : à compter du 14 juillet et jusqu’à la fin du mois d’août, l’heure de fermeture sera reportée à 23 heures, «pour permettre aux visiteurs d’en profiter pleinement», argue Delphine Pons, directrice générale du parc, mais surtout pour les inciter à dîner sur place et leur laisser davantage de temps dans les boutiques de souvenirs. Une nouvelle campagne de recrutement de saisonniers est d’ailleurs prévue pour amortir cet allongement de l’activité – 500 nouveaux postes seront proposés.



Source link

Autres articles

Fin de la trêve hivernale: 30.000 ménages sont menacés d’expulsion

administrateur

Après le «non» de Paris à un rapprochement, Couche-Tard et Carrefour étudient des «partenariats opérationnels»

administrateur

Avec Pleio, Bouygues Telecom donne le coup d’envoi du jeu vidéo en 5G

administrateur

les soignants salariés et retraités moins bien payés que leurs confrères libéraux

administrateur

feu vert pour le certificat sanitaire européen

administrateur

YouTube ajoute des publicités, sans rémunérer tous les créateurs

administrateur