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Finance

Aux Etats-Unis, Jerome Powell met fin à l’idée d’une inflation « transitoire »



Publié le 30 nov. 2021 à 18:28Mis à jour le 30 nov. 2021 à 19:07

Jerome Powell a arrêté de parler d’une inflation « transitoire ». A force de repousser l’horizon d’une accalmie de la hausse des prix, le président de la Réserve fédérale a convenu mardi, lors d’une audition au Sénat, qu’il était temps de remiser l’expression. « Clairement, le risque d’une inflation persistante a grandi », a reconnu le banquier central, faisant chuter les indices boursiers à New York, dans des marchés financiers déjà inquiets du variant Omicron.

Les prix à la consommation affichent une hausse de 6,2 % sur un an, et si la Réserve fédérale privilégie un autre indicateur (PCE), il suit la même tendance, avec un bond de 5 % sur douze mois (+4,1 % hors alimentation et énergie). « Les facteurs poussant l’inflation à la hausse se maintiendront pendant une bonne partie de l’année prochaine », avait indiqué en préambule de son audition Jerome Powell – le premier semestre 2022, a-t-il précisé devant les sénateurs.

En passe d’être renouvelé pour un nouveau mandat de quatre ans à la tête de la Fed, Jerome Powell est allé un cran plus loin : il a aussi jugé « opportun » de discuter prochainement au sein du comité de politique monétaire d’une accélération de la fin des achats d’actifs (bons du Trésor et créances hypothécaires).

Appels d’économistes

Début novembre, le comité de politique monétaire de la Fed avait décidé d’enclencher la réduction des achats d’actifs ( « tapering »), l’un des deux grands outils utilisés par la banque centrale, avec la baisse des taux d’intérêt, pour soutenir l’économie et fluidifier les circuits financiers depuis le début de la pandémie. Au rythme annoncé début novembre (15 milliards de dollars par mois), la sortie du programme d’achats d’actifs devait durer huit mois. Et elle était considérée comme un préalable à toute hausse des taux d’intérêt.

Les appels d’économistes et de parlementaires se sont multipliés ces dernières semaines pour refroidir une politique monétaire jugée trop accommodante. Pour justifier une accélération du « tapering », Jerome Powell a cité les fortes créations d’emplois d’octobre, dans un marché du travail toujours contraint par une offre réduite . Alors que la Fed a pour mandat d’assurer la stabilité des prix mais aussi un niveau d’emploi « maximum », « on aura besoin d’une longue expansion et de prix stables » pour revenir au marché du travail qui prévalait avant la pandémie, a-t-il noté.

D’ici sa prochaine réunion prévue les 14 et 15 décembre, le comité de politique monétaire disposera de nouveaux indicateurs (les créations d’emplois et les prix à la consommation de novembre), mais aussi, espère Jerome Powell, d’informations sur la dangerosité du nouveau variant Omicron.

« L’augmentation récente du nombre de cas de Covid-19 et l’émergence du variant Omicron présentent des risques baissiers pour l’emploi et l’activité économique et une incertitude accrue pour l’inflation », notait Jerome Powell dans son préambule. « Les craintes accrues que suscite le virus pourraient réduire la volonté des gens de travailler en personne, ce qui ralentirait la progression du marché du travail et intensifierait les perturbations de la chaîne d’approvisionnement. » La croissance américaine au troisième trimestre a été révisée en légère hausse, à 2,1 % en rythme annualisé. Elle a toutefois nettement ralenti par rapport au deuxième trimestre (+6,7 %), la consommation ayant été affectée par le variant Delta. 

L’inflation et le contexte mouvant de la conjoncture ont ravivé les attaques des républicains contre les plans d’investissements des démocrates, et notamment le plan Build Back Better, qui doit encore être voté au Sénat . Egalement auditionnée par les sénateurs mardi, la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, a ainsi été malmenée par les élus républicains sur un éventuel impact inflationniste du projet. Un point sur lequel Jerome Powell n’a pas voulu faire de commentaire.



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