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Finance

Aux Etats-Unis, le private equity fait reculer l’administration Biden



Publié le 17 nov. 2021 à 11:31

Les lobbyistes américains engagés par les poids lourds du private equity ont fait plier la Maison Blanche. C’est Jared Bernstein, le principal conseiller économique de Joe Biden, qui l’affirme. Après avoir dépensé des centaines de millions de dollars dans la dernière campagne présidentielle et législative, les Carlyle, KKR, Blackstone et Apollo de l’industrie du non coté sont parvenus à faire sauter une énième fois la réforme fiscale visant à augmenter la fiscalité de leurs plus-values .

Malgré les attaques récurrentes de l’aile gauche des démocrates par la sénatrice Elizabeth Warren, l’industrie du non coté reste toute-puissante et le grand soir fiscal n’a pas eu lieu. Après avoir injecté 649 milliards de dollars dans l’économie l’an dernier en pleine pandémie, elle dispose au moment de la reprise d’un levier important vis-à-vis de l’administration : les près de 750 milliards de dollars qu’elle a encore à déployer dans les prochaines années, selon les chiffres de l’American Investment Council, qui défend les intérêts de l’industrie. Et à travers ses participations, le secteur emploie près de 12 millions d’Américains.

« C’est une niche [fiscale] qu’il faut absolument faire disparaître, avait ainsi reconnu Jared Bernstein sur CNBC, mais quand vous allez jusqu’à Capitol Hill [quartier qui abrite le Congrès des Etats-Unis, NDLR] et que vous commencez à négocier sur les taxes, il y a plus de lobbyistes dans cette ville experts des questions fiscales qu’il n’y a de membres au Congrès ».

Des centaines de millions en dépense de lobbying

Cette nouvelle tentative de révision fiscale était pourtant modeste. Elle visait à ramener 14 milliards de dollars – dans le cadre d’un projet de loi de finances de 3.500 milliards – en modifiant la fiscalité du « carried interest », la part de plus-value de cession perçue par les gérants de fonds. Plus précisément, la réforme proposait d’allonger la période minimum de détention des participations de 3 à 5 ans, s’ils voulaient continuer à profiter d’un taux d’imposition avantageux (25 % contre plus de 39 %).

Pour autant, même cette modeste réforme n’a pas réussi à être soutenue. Il faut dire qu’en pleine fièvre du marché, les gérants font à nouveau tourner leurs actifs beaucoup plus vite, autour de trois ans.

« Je crois que l’on ne prend pas trop de risques en disant que rien ne changera sur le carried, déclare aux « Echos » Todd G. Betor, avocat fiscaliste du cabinet Winston & Straw à Washington, sans exclure que le sujet soit de nouveau débattu. Conserver la mesure aurait ralenti l’ensemble du processus d’examen de la réforme fiscale , déjà très dense. La majorité était trop juste et il n’y avait pas assez de représentants qui poussaient pour réformer les textes au Congrès. Les démocrates n’étaient pas complètement alignés sur la réforme fiscale ».

Lors de la dernière élection présidentielle, les fonds d’investissement et les hedge funds ont versé quelque 625 millions de dollars en dépenses politiques durant la campagne. Jamais un montant aussi élevé n’avait été dépensé sur un cycle électoral de deux ans par l’industrie du private equity, selon une étude de Americans for Financial Reform.



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