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Economie

avec la panne des réseaux sociaux, la soirée moins connectée des Français


TÉMOIGNAGES – La panne qui a touché des milliards d’utilisateurs de Facebook, WhatsApp, ou Instagram durant près de sept heures lundi a chamboulé un quotidien parfois ultra-dépendant de ces plateformes.

Jean avait simplement besoin de prendre contact avec un ami, pour annuler un dîner prévu le lendemain. En principe, c’est l’affaire d’une seconde: il suffit d’envoyer un message. Mais pas hier soir. Car ce lundi, une panne géante a touché les divers réseaux sociaux de Facebook Inc : Facebook, WhatsApp, Messenger, mais aussi Instagram étaient tous inaccessibles durant quasiment sept heures. Une éternité dans le monde des réseaux. C’est ainsi que Jean s’est retrouvé à joindre son ami sur LinkedIn. «Bizarrement, on a plus forcément les numéros des gens», constate ce directeur d’une société d’édition, âgé de 57 ans.

À VOIR AUSSI – «Ça craint, c’est le pire truc»: Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger sont restés inaccessibles pendant près de sept heures

Une panne des réseaux sociaux durant une soirée peut sembler anodine. Elle a pourtant révélé à certains utilisateurs leurs dépendances aux plateformes proposées par Facebook pour échanger avec leurs proches, s’informer, ou tout simplement passer le temps. Bien qu’elle soit consciente de la panne, la main de Manon, étudiante en médecine de 25 ans s’est machinalement dirigée plusieurs fois dans sa poche pour saisir son téléphone au cours de la soirée. Elle souhaitait vérifier sur son téléphone si le dernier message destiné à son frère sur WhatsApp avait finalement pu être envoyé, ou si le fil Instagram ne s’était pas rafraîchi. «Finalement, je me suis occupée autrement», s’amuse-t-elle. «J’ai regardé Squid Game, sur Netflix».

Cette courte diète numérique a été, pour Madjid, une occasion presque inespérée d’utiliser son temps autrement: «je veux partager mon expérience inédite» nous écrit-il. «Avec ces bugs d’appli, j’ai éteint mon téléphone à 21h et j’ai dormi 11h de suite. Comme quoi, ça a du bon !» Valérie, ingénieure commerciale et mère de famille, est tout aussi soulagée d’avoir vu la perfusion d’actualités arrachée de force. Avec les enfants, «nous avons tout simplement déconnecté pendant une soirée. L’occasion de poser les téléphones et de passer du temps ensemble. Un vrai bonheur: merci Facebook pour ce moment de sérénité !» se réjouit-elle. Un avis modérément partagé par les ados qui vivent sous son toit, mais qui leur a permis de regarder la télévision tous ensemble «sans double écran, pour une fois».

Migration vers d’autres réseaux

Si certains ont déconnecté, d’autres ont juste trouvé un autre medium d’échange. Les réseaux sociaux de groupes concurrents ont ainsi fait le plein d’utilisateurs désœuvrés. À la sortie du lycée Jean-Baptiste Lulli (IIe arrondissement de Paris), quatre adolescentes en rigolent: «on a migré sur Snapchat et TikTok!» clament-elles. La messagerie chiffrée américaine Signal a également bénéficié de ce report : l’entreprise s’est réjouie dans la soirée de l’augmentation des inscriptions sur son réseau. Parallèlement, la messagerie d’origine russe Telegram a pour sa part grimpé au cinquième rang des applications gratuites les plus téléchargées – elle était auparavant au 56ème.

«De manière assez classique, nous avons observé hier un effet de déport vers d’autres plateformes», confirme Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information à l’université de Nantes. «Beaucoup de personnes sont aussi allées sur Twitter pour évoquer la panne, puis elles y sont retournées pour annoncer la fin de la panne… On en parle finalement comme d’une grève, comme si c’était une forme de service public qui se mettait à bugger».

Les réseaux du groupe Facebook sont devenus la colonne vertébrale numérique de nombreuses familles et organisations. Une discussion familiale sur WhatsApp permet d’organiser les visites chez les grands-parents, un groupe Facebook sert de support à une classe pour échanger sur les devoirs, une page Instagram est l’indispensable vitrine de certains commerces… En creux, cette panne a mis en évidence la dépendance – et donc la vulnérabilité – de certains vis-à-vis du groupe américain. Au total, ce sont plus de trois milliards de personnes au travers de la planète ont été affectées, à plus ou moins haute intensité en fonction de leurs usages. «Cette panne donne à voir la place de la plateforme dans les espaces collectifs, mais aussi intimes», souligne Olivier Ertzscheid. «A-t-on vraiment un plan B? Peut-on faire sans?»

Simon, étudiant en communication, a ressenti cette vulnérabilité de manière aiguë. «Accro aux réseaux sociaux», il était en cours quand la panne a débuté. «La classe s’est vite rendue compte que le groupe Messenger dédié aux TD [travaux dirigés] était mort et qu’aucune discussion de groupe était possible», explique-t-il. La soirée a été parsemée de passages sur Twitter pour vérifier que la panne était toujours en cours. «Aujourd’hui, la quasi-totalité des jeunes discutent sur les réseaux tel que Messenger et WhatsApp pour discuter à la fois des cours, de la vie du quotidien», poursuit l’étudiant, qui s’interroge: «Facebook aurait-il le monopole de la communication dans le monde?»



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