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Economie

Avec le couvre-feu, les restaurants ne pourront plus vendre de plats à emporter après 20 heures


Les livraisons à domicile seront, elles, toujours autorisées. La profession est partagée entre colère et fatalisme.

Une nouvelle étape du déconfinement progressif, annoncé par le Président Emmanuel Macron le 24 novembre, aura lieu mardi 15 décembre. Le confinement sera remplacé par un couvre-feu durant de 20 heures à 6 heures du matin. Malgré ce desserrement, la réouverture des restaurants n’est pas à l’ordre du jour. Les établissements pourront en revanche maintenir leurs livraisons de repas à domicile après 20 heures, indique le ministère de l’économie et des finances au Figaro ce vendredi. La vente à emporter et le «click and collect», en revanche, seront interdits pendant le couvre-feu, précise Bercy.

«C’est une stigmatisation supplémentaire de la profession», s’emporte Frank Delvau, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) Paris Île-de-France. «On nous a poussés à développer la livraison et la vente à emporter. Avec l’interdiction du click and collect après 20 heures, nous allons devoir nous reporter sur des plateformes (Deliveroo, etc., NDLR), que l’on paye. Il va falloir nous expliquer pourquoi les gens ne peuvent pas venir chercher un plat de pâtes ou une pizza à 20h30 !» poursuit-il. La vente à emporter représente, selon lui, 10 à 35 % du chiffre d’affaires des restaurateurs parisiens.

Aux yeux d’autres professionnels, ces mesures ne sont pas très contraignantes au regard de celles imposées depuis le début de la crise sanitaire. «Faire de la vente à emporter jusqu’à 20 heures nous permet quand même de travailler. Les clients ont le temps de venir chercher un repas après leur journée travail. En hiver, ils ont beaucoup moins tendance à s’attarder dans les rues après cette heure. Cela aurait été beaucoup plus problématique en été», tempère Olivier Bouscatel, propriétaire de plusieurs restaurants à Toulouse, vice-président de la fédération des commerçants de la même ville et de la CPME 31. «Avec le froid qu’il fait en ce moment, la vente à emporter n’est pas conséquente», approuve Laurent Frechet, président de la branche restaurateurs du Groupement des indépendants (GNI). Sa priorité est la «santé des Français et la réouverture des restaurants». «Si cela doit impliquer des contraintes, alors soit», concède-t-il.

La restauration traditionnelle mal représentée sur les plateformes de livraison

Au-delà des conditions météorologiques, «ces contraintes sont anecdotiques par rapport à notre activité», poursuit Laurent Frechet, propriétaire de cinq restaurants à Paris et Lille. Ses ventes à emporter et livraisons cumulées représentent en effet «6% de chiffre d’affaires sur un mois  »normal » et 3% pour un mois de décembre». «Je perds plus d’argent en étant ouvert que fermé», ajoute-t-il.

Un chiffre qui s’explique notamment par la faible représentativité de la restauration traditionnelle sur les plateformes de livraison telles qu’Uber Eats et Deliveroo. «Ce marché se concentre beaucoup sur le burger et le sushi. Nous sommes très peu visibles sur les plateformes», observe le chef d’entreprise.

Pour Frank Delvau, que les ventes soient faibles ou non, la profession doit cesser d’être «la variable d’ajustement du gouvernement». Il invite les professionnels de la restauration à se joindre au rassemblement prévu lundi à 13 heures place des Invalides, à Paris, à l’appel de l’Umih et du GNI.



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