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Finance

Avec « The NFT Bay », les oeuvres d’art numériques ont maintenant leur site pirate



Publié le 19 nov. 2021 à 14:23Mis à jour le 19 nov. 2021 à 14:45

Pourquoi payer des millions de dollars pour une image d’un CryptoPunk alors qu’il suffit de faire clic droit, « Enregistrer l’image sous… » pour la posséder ? A qui la logique des NFT (jetons non fongibles) échappe, ainsi que le principe d’oeuvre d’art numérique sous-tendu, le développeur et artiste australien Geoffrey Huntley propose un nouveau lieu de rendez-vous : « The NFT Bay ».

Le site reprend la vieille logique du téléchargement illégal de films et de musique : si une oeuvre existe, sa copie est aussi sur internet et elle fera l’affaire, d’autant qu’elle est gratuite. Pour faire mouche, le portail singe même le célèbre site suédois de liens BitTorrent « The Pirate Bay » – désormais interdit dans plusieurs pays. Un moteur de recherche permet de mettre la main sur les NFT – enfin, les images jpeg qui s’y réfèrent, et là est tout le débat. Il y a aussi une archive de 17,96 téraoctets avec tous les NFT des blockchains Ethereum et Solana.

Le risque de l’erreur 404

L’intérêt de la démarche vous échappe encore plus que le phénomène dénoncé ? Geoffrey Huntley a bien une explication, qu’il partage dans un post sur GitHub. « Fondamentalement, j’espère que grâce à ‘The NFT Bay’, les gens vont se mettre à comprendre ce qu’ils achètent vraiment avec les oeuvres en NFT. Ce ne sont rien de plus que des instructions sur la façon de télécharger une image. Image qui n’est pas hébergée sur la blockchain. La majorité de celles que j’ai vues sont stockées sur des serveurs Web 2.0, ce qui finira probablement un jour en page d’erreur 404. » Pour lui, cela signifie « que les NFT ont encore moins de valeur ».

Selon Steve Mitobe pourtant, fondateur de WestCoastNFT interrogé par le site spécialisé « CoinTelegraph », « la norme, pour la plupart des NFT, est d’utiliser la technologie Arweave ou IPFS ». Le protocole (InterPlanetary File System) est un système distribué de fichiers de pair à pair qui ne dépend pas de serveurs centralisés. C’est donc une garantie car les images ne sont pas toutes dans le même panier.

Right-Click, Save As

« The NFT Bay » attire les curieux. Une demi-journée après avoir été mis en ligne, le site a déjà attiré 1,2 million de visiteurs, selon son créateur. Sous l’annonce de son lancement sur Twitter, deux clans s’opposent : ceux qui y voient une preuve que les NFT ne servent à rien, car les voilà désormais piratés, et ceux qui rappellent que la valeur de ces actifs numériques ne réside pas dans l’image elle-même mais dans l’acte de propriété.

A mesure que le marché des NFT a pris du poids (10,7 milliards de dollars au troisième trimestre 2021, selon DappRadar, contre 1,2 milliard au précédent), des internautes se sont mis à provoquer les détenteurs de jetons non reproductibles en téléchargeant puis affichant les fameuses images sur les réseaux sociaux. Ils ont constitué un mouvement informel que l’on appelle les « Right-Click, Save As » (clic droit, enregistrer). Ce n’est pas à prendre à la légère. Lorsque le PDG de Discord a indiqué que la plateforme de discussion vocale allait supporter les NFT, il a dû battre retraite devant la levée de boucliers de ces opposants.

Image de profil Twitter

Dans le camp d’en face, les détenteurs de jetons ne manquent pas de s’offusquer de ces usurpations numériques sur les réseaux sociaux. Et c’est justement là où veut en venir Geoffrey Huntley. Pour lui, « l’utilité et la valeur des NFT seront créées via les réseaux sociaux. Pour beaucoup de personnes, la représentation numérique équivaut à la représentation physique et lorsque Twitter ou bien TikTok permettront de les afficher sur son profil, nous serons à un tournant ». Et c’est bien ce que compte faire Twitter .

Le réseau social teste depuis récemment l’intégration de NFT, via la photo de profil ou un onglet pour présenter sa collection – sans prétendre à authentifier les jetons lui-même, mais plutôt en se connectant aux portefeuilles agréés Coinbase ou Metamask. Pas sûr que cela calme les débats. Mais finalement, n’est-ce pas dans ces joutes que naît la notion d’art et avec elle, la valeur des NFT ?





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