Image default
Finance

Bank of the West, le rêve californien de BNP Paribas



Publié le 16 nov. 2021 à 6:30

Drôle de conquête de l’Ouest pour BNP Paribas. L ‘éventuelle mise en vente de Bank of the West permettrait à la banque de la rue d’Antin – vues les valorisations atteintes ces derniers mois par d’autres banques régionales – d’orchestrer un « happy end » pour une histoire écrite dans un premier temps un peu par hasard.

Présent depuis la fin du XIXe siècle outre-Atlantique, BNP Paribas y franchit une étape en rachetant Bank of the West en 1979. A l’époque, la banque de la rue d’Antin est un groupe public. Pas question de dégager trop de bénéfices, car l’Etat serait prompt à s’en emparer. Le jeu consiste donc à les réinvestir en rachetant des banques, si nécessaire à l’étranger, et pratiquement sur catalogue.

Dans les années quatre-vingt, le groupe renforce sa nouvelle filiale californienne en l’implantant en Floride et au Texas. Il bâtit progressivement une pépite : la banque de réseau basée en Californie a dégagé un résultat avant impôts de 415 millions d’euros en 2020, et il atteint déjà 579 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2021. Elle a si bien prospéré qu’elle est désormais valorisée par les analystes près de 15 milliards de dollars.

Une question taraude les investisseurs

A l’échelle américaine, Bank of the West – qui opère l’activité de banque de détail de BNP Paribas aux Etats-Unis – reste toutefois un poids moyen : l’établissement basé à San Francisco « exploite 555 agences et bureaux répartis dans 20 Etats (principalement dans l’ouest et le centre-ouest du pays), emploie près de 9.000 collaborateurs et sert près de 1,8 million de clients », précise le géant européen dans son rapport annuel. Il affiche un total de bilan de 96 milliards de dollars d’actifs à fin 2020… soit à peine plus de 3 % du total du groupe BNP Paribas. Le tout, pour une part de marché de 3,2 % des dépôts dans ses trois principaux Etats, à savoir la Californie, le Colorado et l’Oregon.

Une question taraude les investisseurs depuis des années : à quel point cette activité « retail » américaine est-elle intégrée dans le groupe bancaire ? Les synergies existent-elles vraiment ? En forme de réponse – mais peut-être aussi reconnaissant que ces questions étaient légitimes – BNP Paribas a renforcé l’arrimage de BancWest dans son dispositif global à partir de 2016.

Cette année-là, la réglementation bancaire américaine se durcit à l’égard des acteurs étrangers. BNP Paribas place ses activités américaines sous une ombrelle commune, une holding qui chapeaute d’une part ses activités de détail – donc Bank of the West – et de l’autre ses activités américaines de financement et de marché (CIB), ainsi que la gestion d’actifs.

Le précédent First Hawaiian

Le groupe défend alors son « aptitude à gérer les activités US de façon plus coordonnée et intégrée ». L’entité s’intègre ainsi dans le dispositif du groupe baptisé « One Bank » consistant à dégager des synergies de revenus entre les différents pays : par exemple, une entreprise basée en Californie doit pouvoir accéder « sans couture » à une prestation rendue en Allemagne ou en France.

Toutes entités confondues, les Etats-Unis ont généré pour le groupe 5,17 milliards d’euros de revenus en 2020, ce qui en fait sa deuxième géographie par le produit net bancaire. En revanche, elle n’arrivait alors qu’en quatrième position en termes de résultat courant avant impôt.

Signe que BNP Paribas n’hésite pas à céder les pépites ne s’intégrant pas suffisamment dans son dispositif, le groupe a progressivement cédé, à partir de 2016, son autre enseigne américaine, First Hawaiian, plus éloignée géographiquement. Cette année-là, elle introduit le réseau en Bourse, lui permettant de lever 485 millions de dollars, puis encore 800 millions l’année suivante. Elle achèvera sa sortie en 2019 .



Source link

Autres articles

Dix milliards de dollars d’activités illicites financées en cryptos lors de la crise du Covid

administrateur

Pourquoi les banques plébiscitent l’argent de la BCE

administrateur

Les géants français de la gestion d’actifs entament une année cruciale

administrateur

La deuxième vague de Covid-19 menace la reprise des métaux industriels

administrateur

Brexit : La City prête à « utiliser pleinement » sa nouvelle liberté

administrateur

Qui est Cerberus, prêt à racheter les agences de HSBC France ?

administrateur