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Economie

Barbara Pompili défend l’éolien face aux critiques


«Si Stéphane Bern veut protéger notre environnement, il y a d’autres combats plus prioritaires», a déclaré la ministre de la Transition Écologique, ce mardi.

Alors que des voix s’élèvent pour dénoncer l’essor de l’éolien à travers l’Hexagone, Barbara Pompili a défendu cette source d’énergie dépendante du vent. Les éoliennes «fonctionnent 75% du temps, et fonctionnent à pleine puissance 25% du temps», en fonction du vent, a précisé la ministre de la Transition écologique, sur France Inter, ce mardi. «Je ne connais aucune énergie qui fonctionne 100% du temps», a-t-elle noté ensuite.

Revenant sur la tribune publiée dans nos colonnes par Stéphane Bern contre le «diktat éolien qui brasse du vent et ancre dans nos sols un véritable mensonge», la ministre a estimé que le journaliste devrait concentrer ses efforts sur d’autres dossiers : «si Stéphane Bern veut protéger notre environnement, il y a d’autres combats plus prioritaires», a-t-elle lâché. Elle a toutefois reconnu que l’animateur avait soulevé des «questions qui existent, notamment sur le sentiment d’encerclement» de populations entourées d’éoliennes ou le «besoin de plus de concertations» à l’échelle locale. «Il y a des endroits où ça ne s’est pas passé comme il aurait fallu», a reconnu la membre du gouvernement.

Pour l’écologiste, la France a «bien loupé le coche sur les énergies renouvelables», et une filière doit se développer sur notre territoire dans les années à venir. «J’en ai marre qu’on soit en retard sur ces énergies-là», s’est indignée la ministre, qui souhaite mettre l’accent sur l’éolien offshore.

La représentante du gouvernement a défendu de nouveau les zones à faibles émissions (ZFE), mises en avant dans le projet de loi Climat, actuellement étudié au Parlement. Critiquées par les associations d’automobilistes, qui y voient une mesure discriminatoire, ces zones doivent permettre de «sauver des vies», s’est justifiée la ministre. «Aujourd’hui, 40.000 personnes meurent par an à cause de la pollution de l’air», due notamment aux émissions des véhicules thermiques. «En région parisienne on pourrait sauver 6600 vies par an», a précisé Barbara Pompili, à titre d’exemple, citant un chiffre de l’agence Santé Publique France. En outre, les conducteurs concernés peuvent bénéficier d’aides pour changer de véhicule, a-t-elle rappelé.

Et, si certains dénoncent dans l’instauration de ZFE un risque de coupure accentuée entre le centre-ville et la périphérie, ainsi qu’un coup de couteau à l’attractivité des cœurs de ville, la ministre voit les choses d’un autre œil : «ce qu’il faut, c’est que la mobilité ne soit pas empêchée», par exemple en développant les transports en commun et le covoiturage, a-t-elle plaidé.

Sur l’incident dans une centrale en Chine, «ne réagissons pas à chaud», plaide Pompili

La ministre est aussi revenue sur la fuite de gaz radioactifs détectée dans un réacteur de la centrale de Taishan, en Chine. Les niveaux observés restent «sous les seuils de sûreté», a précisé Barbara Pompili, qui a refusé de voir dans cet événement un avertissement pour la politique énergétique française. «L’EPR, à l’épreuve de son fonctionnement, de sa sécurité réelle et de la démocratie, est une catastrophe. Stoppons ces projets !», alertait sur Twitter l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot, hier. «Ne réagissons pas à chaud», a répondu la ministre, pour qui le nucléaire va rester central dans le mix énergétique tricolore pendant «des années».

«Ce qui est en train de se passer […] a déjà existé dans d’autres réacteurs, y compris français», a indiqué la ministre, pour qui «toutes les énergies ont des avantages et des inconvénients». Sur le plus long terme, le nucléaire deviendra moins attractif que le renouvelable, a-t-elle lancé : «le nouveau nucléaire […] coûterait trois à quatre fois plus cher que les énergies renouvelables». Un point qui risque d’être ressenti par «le contribuable et le client français», à l’avenir, et qui justifie le développement des énergies vertes, a-t-elle mis en garde.

L’affaire de la pollution d’hydrocarbures en Corse a aussi été abordée par la ministre. Barbara Pompili a dénoncé «de la délinquance caractérisée», ainsi que des «bandits environnementaux qui dégazent», au large de l’île. Les autorités sont à la recherche du bateau coupable, et les recherches ont été réduites à trois navires potentiels. «On sait où ils sont», dans des ports européens, et des contrôles vont être menés rapidement pour que les auteurs de cet acte soient «sévèrement punis», a prévenu la ministre.



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