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Finance

Bercy face à une foison de propositions pour soutenir les entreprises



Un mois après le déconfinement, la reprise s’accélère. Mais l’inquiétude reste grande sur la situation du tissu économique. « Oui, certaines entreprises avec des prêts garantis par l’Etat risquent de se retrouver avec des problèmes de solvabilité, a reconnu jeudi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, sur France Inter. Mais il y a beaucoup de solutions qui sont sur la table pour éviter ces faillites en cascade ». Mardi, Bercy a réuni sa « task force économie » sur le plan de relance avec Bpifrance, la Caisse des Dépôts, la Banque de France, la Fédération bancaire française (FBF), le Medef et la CPME.

Plusieurs instruments

« Plusieurs instruments sont en cours d’examen », a confirmé une source proche des régulateurs bancaires. Mais c’est un travail complexe, car il faut avant tout faire le bon diagnostic, quantifier les besoins de financement, afin d’actionner le bon levier pour assurer la solidité des bilans ». Les schémas seront clarifiés « dans les prochaines semaines ». Les acteurs attendent des décisions en juillet.

En attendant, chacun y va de sa proposition. « C’est le concours Lépine entre les banquiers, les fonds et les autres !», glisse-t-on au sein de l’exécutif. Les banques, qui ont accordé plus de 100 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat, plaident pour la création d’un dispositif de quasi-fonds propres avec une enveloppe de 15 à 20 milliards d’euros de prêts participatifs (prêts assimilés à des fonds propres), financés par des investisseurs institutionnels et des entités publiques. L’objectif des banques: réduire les risques liés aux PGE qu’elles ont accordés, en renforçant la solvabilité des entreprises.

Les fonds de capital investissement, eux, militent pour une enveloppe de 6 milliards d’euros de quasi-fonds propres, dont un milliard apporté par l’Etat et quatre par les assureurs, pour investir dans 2.000 à 2.500 PME.

La concurrence fait rage

Entre les deux camps, la concurrence fait rage pour séduire les investisseurs, à commencer par les assureurs, qui sont assis sur les milliards d’épargne des Français. Pour les prêts participatifs, les banques envisagent une rémunération de 3,5% à 6%, là où les fonds d’investissement préconisent un taux de l’ordre de 8% pour leurs quasi-fonds propres. Ce taux est clé pour l’Etat. S’il est trop bas, le projet pourrait être retoqué par Bruxelles dans le cas où le projet suppose une garantie publique. 

Les fonds mettent en avant leur rigueur d’investissement. « L’accompagnement bancaire est moins intrusif », répond un banquier, pour qui les deux dispositifs pourraient se compléter. « L’un s’adressant davantage aux TPE et le second, celui des fonds, aux PME et ETI qui auraient besoin de renforcer leur capital », juge une source bancaire.

En face, les investisseurs ont aussi leurs propres projets… Comme l’a révélé Newsmanagers, l’Association française de la gestion financière, qui réunit les grands investisseurs français, a proposé à Bercy de créer un nouveau livret d’épargne, baptisé Cedres, dont les ressources permettraient de « renforcer les fonds propres des entreprises, avec un horizon d’investissement long, autour de huit ans ».

Les assureurs réservés

Les assureurs sont réservés. « Nous participons à toutes les opérations d’investissement dans l’économie dès lors qu’elles correspondent à nos critères, explique Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France. Nous, assureurs, avons nos propres véhicules, dont nous pensons qu’ils sont et seront aussi excellents que ceux qui pourront être mobilisés à l’occasion de cette crise»

« Il existe déjà des outils de financement en fonds propres ciblés pour certains secteurs et certaines entreprises, rappelle Arnaud Caudoux, directeur général adjoint de Bpifrance. L’important, c’est de voir quelles solutions peuvent apporter plus de confort aux entreprises pour la reprise ». Selon une étude de la banque, les 470.000 entreprises qui ont bénéficié de garanties entre 2007 et 2017 ont créé plus d’emplois et de croissance que leurs pairs, et coûté moins cher à l’Etat que les outils classiques de sauvegarde de l’emploi.



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