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Economie

Bientôt des emballages consignés pour les plats livrés à domicile?


Et si votre pizza vous était livrée dans une assiette ? Ou vos sushis dans une petite boîte en métal lavable et réutilisable ? En partie évoquée dans la loi anti-gaspillage de février dernier, la possibilité de consigner les contenants des repas livrés à domicile est l’un des projets de la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson. Celle-ci recevait à ce sujet, ce mercredi matin, les entreprises de livraison, mais aussi des spécialistes des solutions de recyclage.

Uber Eats, Deliveroo, Foodchéri ou Frichti, mais aussi «En boîte le plat» qui propose déjà la livraison consignée, ou Zero Waste qui promeut le zéro déchet : tous étaient réunis ce matin autour de la table de Brune Poirson. L’objectif de la réunion était de rappeler chacun à ses responsabilités dans la réduction, voire l’interdiction, des emballages jetables. Dans trois mois, ces plateformes devront rendre une liste de propositions pour une livraison plus respectueuse de l’environnement.

Une réunion «très constructive»

«C’était une réunion très constructive, explique-t-on dans l’entourage de la secré́taire d’État. Ces entreprises comprennent qu’elles doivent aller dans notre sens, d’autant que l’étau législatif se resserre.» En effet d’après la loi anti-gaspillage, les pailles, les couverts jetables, les couvercles de gobelets et les emballages de kebabs seront proscrits dès le 1er janvier 2021. Certes les emballages en plastique recyclable ou en carton pourront perdurer, mais peut-être pas pour très longtemps.

Brune Poirson a en effet expliqué durant la réunion que ces emballages recyclables jetables n’étaient qu’une étape, pas une finalité. «Ce n’est pas parce qu’un produit est recyclable qu’il sera recyclé́, parce qu’il faut qu’il soit jeté dans la bonne poubelle, puis envoyé́ vers le bon centre de tri…, poursuit l’entourage de Brune Poirson. Ce n’est pas un système durable! Extraire des hydrocarbures au bout du monde pour concevoir une boite qui restera 15 minutes dans vos mains avant d’être jeté à la poubelle, ça n’a plus de sens quand on sait qu’il nous faudrait 3 planètes si tous les habitants de la terre vivaient comme un Européen.» Brune Poirsona aussi rappelé aux représentants des plateformes de livraison qu’une bonne partie de leurs clients vivaient dans des villes dont les maires élus dimanche dernier sont écologistes, et qu’ils «ne pouvaient nier cette aspiration forte» de leur clientèle pour le zéro déchet.

Pour les spécialistes de la livraison à domicile, ces mesures seront contraignantes, au moins à court terme. « Certains nous expliquent que la consigne sera très difficile à mettre en place, mais nous n’avons pas de religion arrêtée sur la méthode, on est prêts à entendre des systèmes alternatifs, conclut-on au cabinet de Brune Poirson. On ne nie pas leurs difficultés, mais si on ne se remonte pas les manches, on ne résoudra jamais ces problématiques.»

Une révolution en cours

Pour certains acteurs du secteur, comme la plateforme de livraison de repas Foodchéri, la transformation est déjà en cours. « Il y a deux ans, nous avons embauché un salarié qui ne s’occupe que des emballages, explique Julia Vernin, la cofondatrice. Nous sommes passés il y a un an à 100% d’emballages recyclables et avons réduit le poids de nos déchets de 20 %. Mais ce n’est pas encore suffisant. Nous aimerions aller encore plus loin, jusqu’au 0 déchet. »

Les obstacles restent néanmoins nombreux. «Il sera difficile de gérer l’emballage d’un consommateur qui commande un lundi et ne recommande pas avant trois semaines, poursuit Julia Vernin. Il faut créer des points de consignes, un écosystème entier regroupant de nombreux acteurs, avec la grande consommation qui pourrait accueillir des points relais. Il ne faut pas oublier non plus que le consommateur final n’est pas du tout habitué à faire un effort pour se déplacer et rendre sa consigne. Cela demande de la pédagogie.»

L’association «En boîte le plat» propose déjà une réponse à cette problématique. Elle a développé un réseau de 35 commerçants, à Toulouse, qui ne fonctionnent plus qu’avec des emballages consignés. «Le consommateur peut rendre son plat chez n’importe lequel de ces 35 commerçants dans la ville, qui le lavera et le remettra à notre disposition pour une prochaine livraison, explique Jonathan Conan, le co-directeur de l’association. Nous gérons le réapprovisionnement et la logistique, au cas où tous les consommateurs rendent leurs emballages au même endroit. L’intérêt pour le commerçant, outre l’aspect écologique, est évidemment de ne plus avoir à payer d’emballages jetables.»



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