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Finance

BNP Paribas peu pressé d’entrer au capital d’Orange Bank



BNP Paribas était donné favori pour entrer au capital d’Orange Bank . Deux mois plus tard, le dossier patine, selon des sources. « Il y a un gros écart de vision sur le prix », explique une source au fait du sujet, évoquant un Orange vu comme trop exigeant sur le volet financier.

Cette différence d’appréciation porterait notamment sur le nombre de clients réellement actifs, et présentant donc un potentiel économique plus fort. Orange Bank revendique au total 1,2 million de clients particuliers en Europe et 300.000 clients professionnels et PME.

« Le dossier s’enlise », avancent plusieurs sources de marché. « Si BNP Paribas, candidat le plus volontaire sur ce processus, fait un deal, ce sera en contrôle. Ils n’ont aucune velléité de venir en minoritaire éponger des pertes. L’informatique posant des difficultés, ils voudront imposer leurs systèmes, ce qui soulève d’autres questions ».

« Un partenaire commercial essentiel »

Orange Bank est actuellement codétenu par Orange et Groupama. A l’origine, c’est l’assureur qui avait cédé à l’opérateur télécoms 65 % du capital de sa filiale Groupama Banque pour constituer la banque mobile.

Mais l’entité ayant accumulé les pertes – 643 millions d’euros depuis son lancement en 2017, dont 195 millions l’année dernière – l’assureur mutualiste n’a pas souhaité participer en 2020 à une augmentation de capital , laissant sa participation tomber de 35 % à 22 %.

« Groupama est un partenaire commercial essentiel pour nous et a vocation à le rester. Il n’y a pas d’objectif de céder la part de Groupama », a indiqué mercredi Paul de Leusse, le directeur général d’Orange Bank.

Un calendrier pas près de s’accélérer

« On regarde univers par univers comment accélérer le développement. Cela peut passer par des partenariats technologiques », a ajouté l’ancien dirigeant de Crédit Agricole, à l’occasion de la présentation d’une alliance avec la fintech Younited Credit dans le crédit à la consommation .

« Si dans d’autres univers, un partenariat avec une banque a du sens et qui suppose une entrée au capital, on regardera au cas par cas. Cela peut entraîner une sortie de Groupama, peut-être, mais ce n’est pas un objectif en soi », a précisé Paul de Leusse.

Reste que le calendrier ne paraît pas près d’accélérer. Orange Bank n’aurait pas d’urgence capitalistique immédiate lui imposant de presser le pas.

Par ailleurs, les pressions pesant sur Stéphane Richard , le patron d’Orange, une semaine après une panne massive du réseau et à un an du renouvellement potentiel de son mandat placent ailleurs les priorités du groupe télécom.

« L’avancée des discussions sur Orange Bank n’est de facto pas en tête des préoccupations du moment », dit un proche du dossier.

Marques d’intérêt

Quels sont les partenaires alternatifs pour Orange ? Crédit Agricole a dit ne pas être sur les rangs. Société Générale ne serait plus actif. Reste la question d’éventuels établissements étrangers, comme l’espagnol Santander qui regarde le marché français. Il a notamment étudié Floa Bank , en passe d’être repris par BNP Paribas.

« Le dossier n’est pas refermé. Un certain nombre d’établissements ont approché le groupe de télécoms et il n’existe pas qu’une seule option, affirme un proche du dossier. Les discussions prendront du temps. En fonction des pays et des produits, le bilan n’est pas le même ». Interrogée, BNP Paribas n’a pas souhaité commenter.



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