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Finance

Bourse : le vent a tourné à Wall Street



Publié le 10 sept. 2021 à 18:15Mis à jour le 10 sept. 2021 à 18:16

Toutes les bonnes choses ont une fin. L’euphorie de la sortie de crise s’efface peu à peu sur les marchés, laissant la place à une prudence teintée d’inquiétude. Sur les cinq dernières séances, quasiment tous les indices boursiers sont dans le rouge, dont le Dow Jones (- 1,23 %), le S & P 500 (-0,68 %) et le Nasdaq (-0,40 %).

Jusqu’à présent, l’année a été faste pour les investisseurs avec sept mois ininterrompus de gains. Les Bourses mondiales ont progressé de 16,5 % en 2021 (indice MSCI World), tirées par les marchés européens et américains, avec des hausses d’environ 20 % pour le CAC 40 ou le S & P 500. Ce dernier a d’ailleurs inscrit un nouveau record historique début septembre, tout comme le Nasdaq.

L’inquiétude pointe chez les stratèges de Wall Street

Les marchés actions ont depuis longtemps dépassé leur niveau d’avant-crise. L’écart est particulièrement impressionnant aux Etats-Unis. Le S & P 500 est 30 % au-dessus des sommets atteints avant la pandémie mondiale. Et le Nasdaq, plus de 50 %. En France, le CAC 40 évolue environ 10 % au-dessus de son pic de février 2020.

Après de telles performances, certains estiment que les investisseurs ont mangé leur pain blanc, en particulier aux Etats-Unis. La phase de reprise intégrée, les marchés s’interrogent sur les perspectives à plus long terme alors que des difficultés commencent à apparaître. Que ce soit sur le front monétaire, avec l’imminence du « tapering » de la Fed, ou sur le front de la croissance.

Les grands stratèges de marchés de Wall Street, qu’ils soient chez Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America ou encore Citigroup, sont désormais plus pessimistes. « Les arguments en faveur d’une poursuite de la surperformance américaine semblent désormais moins convaincants », écrivent les analystes de Goldman.

Les hausses de salaire surveillées de près

La banque centrale américaine a pourtant fait de son mieux pour rassurer les marchés. Elle a prévenu bien en amont de sa volonté de réduire progressivement ses achats d’actifs. Avec succès jusqu’à présent. L’imminence du « tapering » n’a pas entraîné de crise de confiance, contrairement à 2013.

Reste une inconnue : l’inflation. Si elle se révélait plus élevée et durable qu’attendu, elle pourrait obliger la Fed à accélérer son calendrier, au risque de déstabiliser les marchés. L’accélération des hausses de salaire outre-Atlantique est un point de vigilance. Elle pourrait inciter les entreprises à monter leurs prix et alimenter l’inflation globale. A 4,8 % pour les plus bas salaires, l’inflation salariale avance à son rythme annuel le plus rapide depuis mai 2002, selon la Fed d’Atlanta.

Dans le même temps, les indicateurs économiques mondiaux ont commencé à fléchir. Ils ont eu tendance à ressortir en dessous des attentes des économistes depuis cet été, alors que depuis le début de l’année, les surprises étaient largement positives. Aux Etats-Unis, la prévision de croissance de la Fed d’Atlanta pour le troisième trimestre, construite à partir d’indicateurs avancés, est passée en un mois de 6,3 % à 3,7 %.

Des marchés américains vulnérables

Ces révisions à la baisse sont notamment liées aux difficultés d’approvisionnement des entreprises. La production du secteur automobile est particulièrement touchée, mais elle n’est pas la seule. Les prix des conteneurs ont flambé, ce qui pèse sur de nombreux secteurs.

Les marchés américains sont d’autant plus vulnérables face à ces risques que les investisseurs ne sont pas forcément préparés à une correction. La rapidité et la force du rebond les ont encouragés à multiplier les paris à la hausse. Après tout, le S & P 500 a inscrit un nouveau record historique à 54 reprises cette année. Une telle série n’était arrivée qu’à deux reprises depuis 1945.

Les paris haussiers sur le S & P 500 sont désormais dix fois plus nombreux que les paris baissiers, selon les calculs de Citigroup. Et la moitié de ces positions pourraient commencer à afficher des pertes après une chute de seulement 2,2 % de l’indice, estiment-ils. Dans ce contexte, « une petite correction pourrait être amplifiée par une liquidation forcée des positions longues, faisant sombrer un peu plus le marché », mettent-ils en garde.



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