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Finance

Bpifrance entre au capital d’Arkema avec son nouveau fonds stratégique



Publié le 3 nov. 2020 à 11:40

Le nouveau fonds d’investissement stratégique «à la française» a trouvé sa première cible. Bpifrance a officialisé ce mardi son entrée au capital d’Arkema, via le fonds Lac1 (aussi appelé Lac d’Argent), qui détient à ce jour 5,08 % des actions du chimiste français .

L’acquisition des titres a été réalisée sur le marché au cours des derniers mois, pour un montant total de 348 millions d’euros. La banque publique prévoit d’accroître cette participation « d’au moins quelques pourcents », avec pour objectif d’obtenir un siège au conseil d’administration lors de la prochaine assemblée générale du groupe. En Bourse, l’action d’Arkema grimpait de 1,6 % ce matin. Il affiche une baisse de 8 % depuis le début de l’année.

Avec cette prise de participation, Bpifrance concrétise donc le premier investissement de ce nouveau fonds , né en mai dernier, après deux ans de gestation, et dont l’objectif est de sécuriser le capital des stars françaises cotées. Arkema en fait partie : « la société est l’un des leaders mondiaux de la chimie de spécialités […] avec une capacité d’innovation reconnue », précise Bpifrance, et des produits utilisés dans de nombreuses industries, comme l’automobile, l’électronique, les cosmétiques ou le textile ; son chiffre d’affaires s’élevait à 8,7 milliards d’euros l’an dernier.

Accélérer les transformations

Le premier closing du fonds Lac1 a permis de lever 4,2 milliards d’euros, notamment auprès du fonds souverain d’Abu Dhabi, Mubadala, mais aussi des grands assureurs français (Covéa, Axa, CNP…) et des « family office » (Unibel, Dassault). Bpifrance a également mis un milliard au pot. Au total, la banque publique espère doter ce fonds de 10 milliards d’euros, même si les levées de capitaux sont quelque peu contraintes par les restrictions liées à la pandémie.

« Notre ambition, c’est bien de suppléer l’absence d’investisseurs patients et durables dans le capitalisme français, rappelle Nicolas Dufourcq. Ailleurs en Europe, aux Etats-Unis, les fonds de pension sont là pour remplir cette mission. Ce n’était pas vraiment le cas en France jusqu’à présent ». Même si le Fonds stratégique de participations (FSP), abondé par les assureurs , et déjà présent au capital d’Arkema, remplit cette fonction auprès d’entreprises de taille intermédiaire.

L’initiative a en tout cas trouvé écho auprès des grandes entreprises françaises, assure Nicolas Dufourcq. « Elles sont nombreuses à venir nous voir, et plus particulièrement dans le domaine de l’industrie. C’est là que les transformations seront les plus importantes dans les années à venir, avec des opérations complexes qui nécessiteront un capital stabilisé ».

Pour le patron de Bpifrance, la crise ne modifiera pas la stratégie du fonds, focalisé sur des investissements de long terme. Elle pourrait même créer de nouvelles opportunités pour accompagner les grandes entreprises françaises.



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