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Finance

Bras de fer entre la direction et les salariés de la néobanque N26



En grandissant, les start-ups héritent des mêmes préoccupations que les grandes entreprises, comme N26 vient de l’expérimenter. La néobanque allemande a perdu la semaine dernière un bras de fer contre ses quelque 1.000 salariés berlinois souhaitant créer un comité d’entreprise. Malgré deux injonctions à l’initiative de N26, ces derniers sont parvenus à faire élire jeudi et vendredi dernier deux commissions électorales.

C’était le préalable à l’établissement d’un CE au sein de la maison mère, N26 GmbH, et de N26 Operations GmbH, une seconde entité fournissant des services d’assistance technique à la néobanque. « Merci à tous pour votre soutien, en particulier aux employés qui sont venus aux réunions, et @verdi + @IGMetall pour leur soutien à court terme. Nous allons maintenant nous concentrer sur l’organisation d’élections équitables au sein de N26 », ont déclaré dans un tweet les organisateurs de cette élection.

Un processus rocambolesque

L’épidémie de coronavirus a ralenti ce processus lancé il y a près d’un an. Il devrait s’achever d’ici dix semaines par l’élection des CE en bonne et due forme, une fois formés les nouveaux élus de la commission électorale. Sa mise en place a pris un tour rocambolesque en fin de semaine dernière: la néobanque a lancé une première injonction mercredi contre le groupe de salariés organisateurs, sous couvert de respect des règles d’hygiène et de sécurité. En réaction, le syndicat des service Ver.di a pris en charge l’organisation de l’élection du bureau électoral de N26 Operations GmbH.

Une cinquantaine de salariés a validé cette élection en venant voter dans une grande auberge de spécialités bavaroises en plein coeur de Berlin. N26 a dans la foulée lancé vendredi une deuxième injonction contre Ver.di pour empêcher l’élection d’un organe équivalent pour la maison mère. Le syndicat IG Metall a alors pris le relais de l’organisation du vote, auquel une trentaine de salariés ont participé dans la même auberge. Malgré la visite des services de police venus vérifier les conditions d’hygiène, le processus a donc pu être validé. « Ils n’ont pu trouver aucune infraction aux règles de sécurité et ont quitté l’auberge rapidement », raconte Oliver Hauser, représentant de Ver.di.

Un manque de transparence

La néobanque fondée en 2013 par Valentin Stalf et Maximilian Tayenthal n’a plus rien d’une start-up. Et les quelque 1.500 salariés, – dont près de 900 dans les deux entités berlinoises-, mobilisés pour servir plus de 5 millions de clients dans le monde réclament des règles du jeu plus transparentes. Ils critiquent l’inégalité des salaires et la terminaison arbitraire de nombreux contrats de travail.

N26 assure que « ni les fondateurs, ni l’équipe de direction ne s’opposent ou n’agissent contre la représentation et la participation des salariés ». Le site Internet de l’hebdomadaire « Die Zeit » a toutefois publié un courriel de la direction dans lequel celle-ci juge un CE « contraire à quasiment toutes les valeurs auxquelles nous croyons chez N26 ». Autrement dit, la vieille start-up craint de perdre son agilité au détour de processus décisionnels plus complexes.

Elle prône « une représentation des salariés moderne et internationale » et assure travailler avec les salariés intéressés par une proposition de ce à quoi pourrait ressembler une telle représentation. « Le travail en bonne entente avec le CE ne peut qu’être bon pour l’entreprise dans son ensemble », réagit Oliver Hauser.



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