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Economie

Ces 126 communes prioritaires menacées par l’érosion côtière


Le gouvernement a publié les noms des 126 communes françaises qui auront l’obligation de s’adapter en priorité à l’érosion du littoral aggravée par le réchauffement climatique et la pression humaine. La majorité est située sur les côtes atlantiques et de la Manche (notamment 41 en Bretagne, 16 en Normandie, 31 en Nouvelle-Aquitaine). On peut citer Dieppe, en Normandie, Arcachon en Gironde ou Capbreton dans les Landes ou en encore l’île de Bréhat, Lannion, Quiberon, Trégastel en Bretagne.

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«Ça m’intéressait de connaître les points de vulnérabilité de la commune et de pouvoir dire à la population attention on est sur des zones très sensibles», commente le maire de Trégastel, dans les Côtes-d’Armor (22), Xavier Martin, saluant le financement par l’État de 80% du coût de ces cartographies qu’il voit comme un outil pour «anticiper le risque». «Si on dit qu’on rénove (le centre-ville) et que dans 20 ans il est sous les eaux, est-ce que c’est utile de le rénover aujourd’hui, est-ce qu’il ne faut pas réfléchir à le voir autrement?», dit-il à l’AFP.

Avec le recul du trait de côte sur environ un cinquième du littoral français (hors Guyane) selon l’indicateur national de l’érosion côtière, la loi Climat et Résilience de 2021 prévoit de nouvelles dispositions pour les communes en première ligne face à la montée du niveau de la mer et la multiplication des tempêtes et des submersions marines. Les maires devront réaliser des cartes du risque de recul du littoral à 30 ans et 100 ans, carte qui servira de base à de nouvelles règles d’aménagement du territoire, allant jusqu’à des interdictions de construire.

Plus de nouvelles constructions

Dans les zones exposées à l’horizon de 30 ans, les nouvelles constructions seront interdites, mais avec des exceptions pour l’extension de bâtiments existants ou l’installation de services publics et de nouvelles activités économiques nécessitant la «proximité immédiate» de la mer. Les zones à l’horizon 100 ans restent constructibles, avec à terme une obligation de démolition quand la menace se rapprochera.

Pour permettre aux autorités locales de lancer ce nouvel aménagement du territoire, une ordonnance publiée début avril précise les moyens d’acquisition par les pouvoirs publics de biens menacés et crée un nouveau type de bail octroyé par l’État ou les communes pour des terrains, locaux commerciaux ou encore parcs de loisirs dans la bande concernée (bail de 12 à 99 ans avec résiliation anticipée en fonction de l’érosion).

«Ces 126 soi-disant prioritaires sont ridicules par rapport aux 864 communes menacées», regrette auprès de l’AFP Élodie Martinie-Cousty, de l’ONG France Nature Environnement. Selon les chiffres officiels, 864 communes sont «plus particulièrement vulnérables» aux submersions marines, phénomènes d’inondation temporaire des zones côtières par la mer, notamment lors des tempêtes, qui vont augmenter avec la hausse du niveau de la mer provoquée par le réchauffement climatique. Et 1,5 million d’habitants vivent dans ces zones inondables littorales. Mais «on a laissé beaucoup trop construire sur le littoral» et les nouvelles dispositions «ne sont pas adaptées aux enjeux», estime Élodie Martinie-Cousty.

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L’Association nationale des élus du littoral regrette quant à elle certains «flous juridiques» qui «laissent présager de nombreux contentieux, susceptibles de nuire à l’atteinte des objectifs affichés». Certains responsables locaux s’interrogent aussi sur les nouvelles contraintes imposées aux plans locaux d’urbanisme et pointent du doigt des questions de financement. «Les avancées qui découlent (de l’inscription sur la liste) en restent principalement au niveau du porté à connaissance du risque», estime Vincent Bawedin, chargé de la gestion du trait de côte à la Communauté de communes des Grands Lacs, qui inclut la commune côtière de Biscarrosse (Landes). Il s’inquiète du financement de la relocalisation des biens menacés. «Des questions se posent sur qui prend en charge le déplacement de la population des habitations touchées», ajoute Pascal Laporte, adjoint à l’urbanisme à Plérin (Côtes-d’Armor), notant également le problème de «dépréciation des biens» dans la bande menacée.



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