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Finance

Ces mairies qui, faute de banques, font de l’accès au cash un service public



Publié le 20 nov. 2021 à 8:00

La promesse a été tenue. Il y a trois mois, la commune d’Aigre, en Charente, inaugurait en grande pompe son nouveau distributeur automatique de billets (DAB). Mais aucun banquier n’était convié à la fête. Et pour cause : le distributeur en question est celui de la mairie, pas celui d’une banque. Il a d’ailleurs été décoré aux couleurs de la commune.

Cette installation, réalisée avec le transporteur de fonds Loomis, faisait partie des engagements de campagne du nouveau maire Renaud Combaud, élu en mars 2020. « C’était une demande forte des habitants et des commerçants », raconte l’édile de 25 ans, présent au salon des maires la semaine dernière.

Une agence Crédit Agricole, située en périphérie de la commune, dispose certes d’un distributeur. Mais le centre bourg en était dépourvu depuis des années.

Rationalisation du parc

L’initiative d’Aigre (1.600 habitants) témoigne de la reprise en main des services bancaires par certaines communes face à la diminution progressive des agences et des distributeurs, dans un contexte de rationalisation des réseaux bancaires. A fin 2020, on dénombrait 48.710 DAB sur le territoire , en baisse de 3,2 % sur un an. Avec 6.545 communes équipées.

Selon la Banque de France, 99,2 % des Français peuvent accéder en quinze minutes (en voiture) à un distributeur, une proportion stable depuis deux ans. Et la majorité des fermetures de DAB concernent des zones à forte densité.

Une majorité de paiements en cash

Sur le terrain, le ressenti est toutefois différent, et les maires sont contraints de faire de l’accès au cash un nouveau service public. « C’est vital pour le commerce de proximité, explique Carole Cervel, la maire de Valdeblore (Alpes-Maritimes), qui compte 850 habitants. Et on ne peut pas demander à tout le monde, et notamment à nos aînés, de payer en carte bleue ». Malgré le recul de l’usage du cash, six paiements de proximité sur dix sont encore effectués en espèces.

Les communes plus grandes ne sont pas épargnées. A Marcy-l’Etoile (3.900 habitants), dans la banlieue de Lyon, le maire Loïc Commun déplore l’absence de DAB depuis un an, après la fermeture d’une agence BNP Paribas et la décision de La Banque Postale de ne pas réinstaller de distributeur après de récentes dégradations.

La ville, qui a choisi de louer un distributeur Loomis, est pourtant loin d’être sinistrée, avec de nombreux commerces et la présence des entreprises Sanofi Pasteur et BioMérieux.

Même en région parisienne

Le problème se pose même en région parisienne, comme à Gagny (Seine-Saint-Denis), malgré ses 40.000 habitants. « Nous ne voulons pas d’une agence bancaire, nous préférons une boucherie ou une boulangerie, indique la mairie. Nous avons uniquement besoin de l’accès au cash, pour dynamiser le marché du samedi ».

Mais pour une ville, le principal obstacle reste le coût : chez Loomis, il faut compter environ 20.000 euros pour l’installation, puis 1.000 euros par mois en moyenne selon le volume de retraits. « ​Cela représente un budget pour la ville, qui était auparavant assuré par le secteur privé », reprend Loïc Commun.

Une fois le DAB installé, les mairies semblent néanmoins y trouver leur compte. A Aigre, les retraits augmentent un peu plus chaque mois : en octobre, leur nombre s’élevait à 1.300, pour un montant moyen compris entre 40 et 50 euros. « Il y a un vrai retour sur investissement pour la commune », assure Renaud Combaud.

Nouveau marché pour les transporteurs

Pour les transporteurs de fonds comme Loomis et Brink’s, c’est aussi un nouveau marché qui s’ouvre. Face aux besoins des communes, ces sociétés, qui ont plutôt l’habitude de travailler avec les banques, ont su adapter leur offre.

« Il faut être réactif et proposer des solutions quasi sur mesure face à une demande qui croît », explique Pierre-Yves Locatelli, directeur commercial de Loomis France. En un an, la société indique avoir installé une cinquantaine de DAB pour le compte de mairies ou collectivités locales. De son côté, la Brink’s devait s’approcher de la centaine d’automates installés d’ici à la fin de l’année.



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