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Economie

ces professionnels du grand âge qui exercent leur métier avec passion


TÉMOIGNAGES – Alors que les métiers du grand âge peinent à recruter de nouveaux candidats, ces professionnels racontent pourquoi ils ont choisi cette profession, par passion.

Charlotte allait devenir avocate, Georges-Paul se rêvait pédiatre et Céline a aussi changé de voie. Alors que le secteur du grand âge cantonné à l’image de métiers «difficiles» peine à attirer de nouveaux profils, ces professionnels racontent leur quotidien auprès des personnes âgées.

Un stage en gériatrie dans un hôpital de Lyon et un «coup de foudre»: ce sont les mots de Georges-Paul, interne en médecine à Nîmes. Alors qu’il se prédestinait à soigner des enfants, ce médecin de 26 ans a choisi la gériatrie, devenue il y a quelques années une spécialité de médecine à part entière pour développer les besoins du secteur. Infirmiers, aides-soignants… En témoigne la campagne de communication du gouvernement lancée cette semaine, les métiers du grand âge manquent de bras. On estime à cinq millions de plus d’ici 2030 le nombre de personnes de plus de 60 ans. Pourquoi le grand âge n’attire pas ? La réponse de Georges-Paul fuse : «les personnes âgées, c’est du temps à donner aux autres». La plus grosse pathologie ? «La solitude» tranche-t-il. C’est justement «l’humain» qu’il a choisi. Le futur médecin gériatre raconte un quotidien de travail «hyper stimulant», riche de nombreuses pathologies passionnantes et de moments de partages avec des patients «gratifiants».

« Le secteur du grand âge est injustement étiqueté comme le domaine pour les personnes qui ne peuvent pas aller ailleurs ».

Céline, 45 ans, infirmière.

Pour Céline, infirmière, s’occuper des personnes âgées «n’est pas une punition». Intéressée par les pathologies des personnes vieillissantes, en particulier les maladies dégénératives, cette ancienne aide soignante a quitté son métier il y a sept ans pour soigner exclusivement des personnes âgées. À cette même question: «Pourquoi le grand âge n’attire pas ?» Céline dépeint un secteur «injustement étiqueté comme le domaine pour les personnes qui ne peuvent pas aller ailleurs» ou comme des métiers où l’ont fait plus de «bobologies» que de soins médicaux « techniques ». Un point que Georges-Paul confirme. Lui aussi s’attache à défendre la gériatrie comme une spécialité «complète», avec tout à faire» et où on apprend beaucoup. Apprendre du corps des anciens mais « apprendre d’eux », aussi.

Pour Yann, 21 ans, les échanges quotidiens avec les personnes âgées sonnent comme un privilège. Le jeune étudiant, heureux de retrouver chaque jour ses résidents, fait son alternance en animation sociale dans la même maison de retraite que Céline, à Robion (84). Son service civique de huit mois en Ephad à L’Isle-sur-la-Sorgue a confirmé son envie de travailler au quotidien avec les personnes âgées. Pour Yann, peu de jeunes se dirigent vers ses métiers car ils sont considérés comme «difficiles» et demandent énormément de patience. Lui préfère parler de «bienveillance», du «sentiment d’être profondément utile» notamment lorsqu’il anime ses ateliers de jeux, de mémoire.

«Le partage», «le privilège» de côtoyer les anciens, à l’autre bout du fil avec Charlotte, les mêmes mots font écho. Après des études de droit et le concours d’avocat passé « sans grandes convictions », la jeune femme de 28 ans commence à travailler comme juriste pour la maison de retraite dirigée par sa mère depuis plus de trente ans. «Je n’en suis jamais repartie», raconte-t-elle. Pour Charlotte, «la dimension humaine est extraordinaire», l’expérience est une évidence. Elle a repris un master en management des établissements sanitaires et sociaux à l’université d’Aix – Marseille et s’apprête à reprendre les rênes de l’établissement familial près de Cavaillon en octobre prochain. La peine à recruter du personnel ne cache-t-elle pas une vieillesse encore taboue ? « C’est l’effet miroir » pour Georges-Paul, « la peur d’être confrontée à la mort » pour Céline. Bien souvent, la maison de retraite fait penser au dernier voyage. Mais pour le jeune médecin et l’infirmière, il y a avant tout la fierté de «faire les choses bien» et d’être présent, jusqu’au bout.



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