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Economie

ces secteurs frappés de plein fouet par la crise du Covid


Depuis la fin du confinement, pas une semaine ne se passe sans qu’une annonce de plan social, de restructuration, voire de faillite, ne soit officialisée. Entre le 1er mars et le 5 juillet, 193 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont ainsi été lancés en France, menaçant 27.053 emplois, selon le dernier pointage de la Dares. C’est un peu plus que les 191 PSE enregistrés sur la même période l’an passé, mais le nombre de postes menacés est lui, deux fois plus important. Et c’est sans compter les 1 672 « petits » licenciements collectifs (de moins de 10 salariés), répertoriés par le service statistique du ministère du Travail.

Un coup d’œil aux sociétés qui ont annoncé des plans sociaux ou des redressements judiciaires ces dernières semaines permet de voir que l’aérien, l’automobile mais aussi les enseignes spécialisées dans l’habillement sont – pour l’instant – les secteurs les plus concernés. Néanmoins, ces restructurations annoncées ou en cours, ne sont pas toutes directement liées à la crise sanitaire. Retour sur leurs évolutions avant l’apparition du Coronavirus.

L’aéronautique : coup d’arrêt brutal pour un secteur qui était en forte croissance

Avant la crise liée au Covid-19, le secteur de l’aéronautique, porté par le boom de la mondialisation et du tourisme de masse, était en plein essor, et créateur d’emplois. Mais la pandémie a porté un coup brutal au trafic aérien au niveau mondial, plongeant dans une grande difficulté les compagnies aériennes (Air France a officialisé un plan de suppression de plus de 7 500 postes d’ici fin 2022 ). Du jour au lendemain, les carnets de commandes remplis des avionneurs et équipementiers se sont vidés, poussant la filière à tailler dans ses effectifs (Airbus prévoit ainsi de supprimer 15.000 postes, dont 5 000 en France sur un total de 49.000). D’autant que la reprise n’est pas annoncée pour demain. D’après IATA, (l’association internationale du transport aérien) le trafic mondial ne retrouvera pas son niveau d’avant-crise avant… 2024.

» VOIR AUSSI – Occitanie: Carole Delga annonce un plan de 100 millions d’euros pour l’aéronautique

« Dans le secteur de l’aéronautique, l’enjeu sera de passer la crise pour tenir dans la durée. Ou comment préserver les équipementiers et les constructeurs, maintenir de l’activité, alors que les avions ne se vendent plus », souligne Sophie Barbé, directrice associée au sein du cabinet AlixPartners. Le gouvernement a annoncé le 9 juin un plan de soutien au secteur de 15 milliards d’euros (dont 7 milliards d’aide publique pour Air France). Ces crédits doivent servir notamment à maintenir un dispositif de chômage partiel de longue durée, à développer des avions neutres en carbone, ou encore à financer des commandes anticipées de l’Armée française.

L’automobile : des destructions d’emplois déjà en cours depuis quinze ans

Autre secteur durement touché par la crise liée à la pandémie : la filière automobile française. Le secteur (400.000 emplois industriels en France, dont de nombreuses PME) connaissait déjà des destructions d’emplois. Entre 2000 et 2018, les effectifs en France du secteur ont fondu de 36%. L’Hexagone avait fait le choix de délocaliser sa production, passant du second au cinquième rang européen, en matière de construction et d’exportation de véhicules. Depuis quelques années, l’industrie automobile subit plusieurs bouleversements simultanés : l’électrification des motorisations, le développement des véhicules connectés et autonomes, et la mutation des constructeurs en prestataires de services de mobilité.

La crise liée au Covid est un nouveau choc. Sous l’effet du confinement, le marché automobile français s’est effondré au printemps (- 72% en mars, -89% en avril, -50% en mai). Dans ce contexte, le constructeur français Renault, déjà fragilisé avant cette crise, a prévu de supprimer 15.000 emplois dans le monde dont 4 600 en France. Et il n’est pas le seul acteur de l’automobile en difficultés.

Dans ce secteur, «des arbitrages sont faits sur un certain nombre de programmes dans lesquels des investissements étaient prévus. Cela conduit à des réductions d’effectifs qui touchent désormais les postes de cadres, les cols blancs», explique Sophie Barbe. Selon la directrice associée du cabinet AlixPartners, « le maintien de l’emploi dans l’automobile passera par le développement et la localisation en France d’activités innovantes comme les batteries ». En soutien, l’État a débloqué 8 milliards d’euros. Pour relancer les ventes d’automobiles, plusieurs mesures ont été mises en place (bonus à l’achat de véhicules électriques, aides pour les hybrides rechargeables, élargissement de la prime à la conversion).

Les marques d’habillement avait déjà engagé leur mutation

La Halle, André, Naf Naf, Orchestra-Prémaman, Camaïeu, Celio … au printemps, de nombreuses enseignes ont été placées en redressement judiciaire, avant d’être rachetées au prix de réductions d’effectifs. Si la pandémie, avec la fermeture imposée des magasins pendant le confinement, a asphyxié ces marques, le secteur était déjà en crise. «Ces dernières années on a assisté à une démultiplication du nombre de points de vente. La concurrence entre les marques s’est exacerbée. À un moment, le consommateur ne suit plus», analyse Sophie Barbé, du cabinet AlixPartners. Par ailleurs, «les loyers de ces surfaces commerciales de plus en plus grandes, ont beaucoup augmenté» alors même que les consommateurs achetaient de plus en plus par internet. «La crise du Covid, en fermant les commerces deux mois et impactant leur trésorerie, a accéléré la restructuration qui était déjà en cours et obligé les marques à prendre des mesures drastiques, notamment pour leurs magasins .»



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