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Finance

Christine Lagarde laisse entendre que la BCE remontera ses taux en juillet



Ceux qui en doutaient encore vont devoir se rendre à l’évidence. La Banque centrale européenne procédera à sa première hausse de taux depuis 2011 en juillet prochain. L’hypothèse était déjà bien ancrée dans l’esprit des marchés après plusieurs déclarations de banquiers centraux . Mais la confirmation vient, cette fois-ci, de la présidente de la BCE elle-même.

Dans un discours prononcé mercredi matin à Ljubljana, pour les 30 ans de la banque centrale slovène, Christine Lagarde a en effet réaffirmé que les achats nets d’obligations dans le cadre de son large programme de soutien à l’économie européenne (Asset purchase programme, ou APP) devaient bien s’arrêter en juin. Et que le premier tour de vis monétaire aurait lieu « quelque temps » après.

Précision de taille

Mais la Française a apporté une précision de taille. Cette notion de « quelque temps », que la banque avait toujours refusé de quantifier, « peut ne représenter que quelques semaines ». Les spécialistes de la BCE ont rapidement fait le calcul. La réunion du Conseil des gouverneurs qui actera la fin de l’APP se tiendra le 9 juin. Et la suivante aura lieu le 21 juillet, soit six semaines plus tard.

Plus tôt dans la matinée, le Néerlandais Frank Elderson avait rejoint ses collègues du directoire de la BCE, Isabel Schnabel et Luis de Guindos, dans le camp des juillettistes. Le patron de la Bundesbank Joachim Nagel, qui avait déjà fait part de son inquiétude de voir la fenêtre de tir pour une première hausse des taux se refermer prochainement en cas de dégradation de l’économie, avait réitéré son appel à agir.

Progressivité

Interrogé dans la matinale de France Inter mercredi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a déclaré que la BCE « [avait] le devoir d’agir, parce que c’est [sa] mission. » L’inflation en Europe a battu un nouveau record en avril, à 7,5%. Et même si une grande partie de ses causes sont hors de la portée de la Banque centrale européenne, il est de plus en plus difficile de ne rien faire quand la Fed et la Banque d’Angleterre resserrent leur politique monétaire à marche forcée.

« Les taux d’intérêt vont monter mais très progressivement », a toutefois précisé François Villeroy de Galhau, envisageant un retour de l’inflation vers la cible de 2 % que s’est fixée l’institution de Francfort dans un horizon de deux ans.

Christine Lagarde a également insisté sur la progressivité des hausses ultérieures. Une façon de tordre le cou à l’idée d’un relèvement de grande ampleur, à la façon de la Réserve fédérale américaine. La Fed a en effet remonté ses taux directeurs de 50 points de base en mai , soit le double de ses tours de vis habituels. Et elle devrait récidiver lors de ses deux prochaines réunions.

La démarche graduelle prônée par la présidente de la BCE ne semble toutefois pas contradictoire avec une deuxième hausse en septembre, qui ramènerait le taux de dépôt à 0 %. Voire une troisième en décembre, qui le ferait repasser en territoire positif.



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