Image default
Finance

Comment intégrer l’indice Standard & Poor’s 500 impacte la stratégie des entreprises



Lancé en 1957, l’indice boursier Standard and Poor’s 500 (S&P 500), qui regroupe les 500 plus grandes valeurs américaines, s’est imposé comme l’indice leader de Wall Street. Dans la pléthore d’indices créés , il concentre l’essentiel des volumes et de l’attention des investisseurs. Avec la réduction constante du nombre d’actions cotées à Wall Street (sorties de la cote, fusions…), la probabilité d’intégrer cet indice a doublé en près de 20 ans, selon certains travaux (1). Le jour de l’entrée dans l’indice, le cours de l’action a gagné près de 4 % depuis 1997. Le titre est alors acheté par de nouveaux investisseurs, les fonds indiciels (dont l’objectif est de répliquer la performance de cet indice boursier).

Prestige

Mais ce gain de court terme a eu tendance à diminuer de moitié pour s’établir seulement à 1,5 % dans les 10 dernières années. Si l’appartenance au S & P 500, un signe de prestige, entraîne des effets positifs (une amélioration de note par les agences de notation), elle induit de nouvelles contraintes pour les entreprises. Elles entraînent une contre-performance de long terme pour celles qui l’ont intégré depuis 2007. Au-delà des 5 premières valeurs de l’indice, les locomotives des «GAFA» (Apple, Amazon, Microsoft, Facebook, Alphabet), en forte hausse et qui pèsent pour près du quart de sa valeur, la situation est bien moins favorable pour toutes les autres entreprises.

Finance avant l’investissement

Une fois que la société appartient à l’indice boursier américain, elle va avoir tendance à adopter un comportement moutonnier en suivant les autres sociétés du S&P 500. Elle sera jugée par rapport à elles. Elle ne souhaitera pas sortir du rang afin de ne pas être sanctionée par les marchés et analystes. Elle procédera à davantage de rachats de ses propres actions, un moyen de soutenir son cours, et augmentera ses dividendes. Cette politique financière aura des effets néfastes sur son investissement et le rendement de ses actifs, qui auront tendance à diminuer.

Gouvernance détériorée

Les fonds indiciels détiennent en moyenne 6 % des actions d’une société de l’indice S & P 500 soit trois fois plus qu’à la fin des années 1990. Ces investisseurs « passifs » détiennent uniquement les entreprises de l’indice et ne produisent aucune recherche (prévisions de résultats) sur elles. Ils sont indifférents à la stratégie, bonne ou mauvaise du management de ces sociétés. En conséquence, « les entreprises investissent de manière moins efficace. La qualité de leur gouvernance se détériore avec la hausse de la passivité des investisseurs » soulignent les auteurs de l’étude.

15 millions de dollars

La rémunération (fixe, bonus, et stock-options) d’un dirigeant d’une société de l’indice S & P 500 est en revanche trois fois supérieure à celle de son homologue d’une petite et moyenne société cotée américaine. Elle était de près de 15 millions de dollars en moyenne en 2019, soit 264 fois le niveau d’un salarié de l’entreprise, selon la Fédération Américaine du Travail et Congrès des Organisations Industrielles (AFL-CIO). Depuis 2012, la hausse annuelle de la rémunération d’un patron américain a évolué entre 2 % et 6 % à l’exception de 2017 (+11 %). Elle dépend étroitement de la hausse du cours boursier de son entreprise.



Source link

Autres articles

Nouvelles hausses de prix attendues dans la réassurance

administrateur

MacKenzie Scott annonce donner 2,7 milliards de dollars à des associations

administrateur

Pétrole : l’Opep et la Russie commencent à rouvrir les vannes

administrateur

La société allemande Grenke accusée de fraude comptable par un vendeur à découvert

administrateur

Le coût des cyberattaques pour les assureurs a triplé en un an

administrateur

A Wall Street, les traders rient, les banquiers pleurent

administrateur