Image default
Economie

comment l’exécutif veut diviser la hausse par dix


L’État mettra sur la table 8 milliards d’euros via une baisse de taxe et EDF environ 7 milliards.

Comment ramener la flambée prévisible du tarif régulé de l’électricité (TRV) de 44 %, au 1er février, à 4 % comme l’a promis en septembre Jean Castex? Bercy vient de dévoiler sa solution. «Entre une importante baisse de la fiscalité sur l’électricité et la solution trouvée avec EDF, la facture d’électricité des Français n’augmentera pas de plus de 4 % sur toute l’année 2022, a détaillé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, dans une interview au Parisien publiée jeudi soir. Face à la flambée des prix de l’énergie, aucun autre pays européen ne fait autant pour protéger le pouvoir d’achat de ses compatriotes.»

Ces mesures doivent aussi modérer la hausse pour les entreprises, pour certaines étranglées par la crise énergétique. «Le choix du Gouvernement de relever le plafond du mécanisme d’ARENH à 120TWh, soit 20% de plus, apporte une réponse concrète à nos industriels directement touchés par la hausse massive du coût de l’électricité, insiste la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Panier-Runacher. Tant les PME et ETI que les industries électrointensives au cœur de nos approvisionnements stratégiques pourront en bénéficier. En préservant ces secteurs, c’est l’ensemble des chaînes de valeur que l’on conforte.» Consultée, la Commission européenne a validé le paquet de mesures françaises, selon le ministre.

Vente à perte

L’État et EDF se sont donc partagé l’essentiel de la note, soit environ 15 milliards d’euros. «C’est un effort considérable de l’État et d’EDF», résume Bruno Le Maire. Dans un communiqué diffusé jeudi dans la soirée, l’électricien dit sobrement «prendre acte» de ces décisions gouvernementales, qui viennent plomber ses comptes alors qu’il comptait tirer partie de la hausse formidable des prix pour se refaire une santé financière.

Les fournisseurs alternatifs (Engie, TotalEnergies, ENI ou EkWateur) seront aussi mis à contribution, via une modification de la formule de calcul de la revalorisation du TRV. Une première mesure technique qui permet d’abaisser la hausse du tarif de + 44 % à + 35 % (hors taxe).

L’État devrait prendre en charge 8 milliards d’euros de surcoût en ramenant la taxe sur l’électricité de 22,50 euros à 50 centimes par mégawattheure. De quoi ramener la hausse à + 20 %, selon les calculs de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). L’État pourrait dans un second temps financer en partie cette baisse de taxe via le versement en 2022 de dividendes par EDF, dont il est actionnaire à 83,88 %.

Quant à EDF, il devra, dès le mois d’avril, vendre davantage d’électricité nucléaire pas cher à ses fournisseurs concurrents, afin de limiter leurs coûts d’approvisionnement et de leur permettre de modérer les hausses de tarifs aux particuliers et aux entreprises. La réglementation oblige EDF à leur en octroyer pour 100 térawattheures par an. Il devra exceptionnellement ajouter 20 térawattheures cette année. La Commission de régulation de l’énergie sera chargée de veiller à ce que les fournisseurs alternatifs bénéficiant de la rallonge d’électricité nucléaire bon marché répercutent bien cette mesure sur leurs clients.

En contrepartie, EDF bénéficiera tout de même d’une hausse du tarif auquel il vend cette électricité. Le prix, inchangé depuis 2012, passera ainsi de 42 euros à 46,50 euros le mégawattheure. Cela ne sera pas suffisant pour combler l’effort sur les volumes de l’électricien, mais permettra toutefois de limiter son surcoût. Au total, l’électricien subira un manque à gagner entre 7,7 et 8,4 milliards d’euros. C’est pour EDF une considérable opération de vente à perte qui s’annonce. Affirmant avoir déjà vendu à l’avance tous ses volumes d’électricité qui seront produits en 2022, il devra probablement racheter une grande partie de sa propre électricité sur les marchés à des prix compris entre 150 et 200 euros, pour la revendre à 46,50 euros à ses concurrents fournisseurs indépendants. EDF précise qu’il «va examiner les mesures appropriées pour renforcer sa structure bilancielle et toute mesure de nature à protéger ses intérêts».

L’ensemble de ces mesures pourrait permettre au gouvernement de ne pas avoir à bloquer la hausse du tarif à 4 % par décret, ce qui supposerait un report de la hausse en 2023.



Source link

Autres articles

Le télétravail amené à se pérenniser même après l’épidémie de Covid-19, selon l’OCDE

administrateur

Cooperl menace de fermer deux ou trois usines après sa condamnation

administrateur

nos conseils pour trouver plus facilement un créneau de vaccination

administrateur

Les mesures de confinement vont doper l’activité économique du premier trimestre 2021 en Chine

administrateur

«Une fois sur deux, les clients s’en vont»

administrateur

le trafic revient progressivement à la normale

administrateur