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Economie

Confronté à une augmentation de la demande, le secteur de l’électroménager manque de réparateurs


De plus en plus sollicitées depuis le début de la crise sanitaire, les entreprises de réparation peinent à répondre à la demande.

Électroménager, téléphonie, vélo, informatique : la tendance dans ces secteurs est à la réparation. Le phénomène, porté par les nouveaux modes de consommation, a pris de l’ampleur ces derniers temps si bien que l’offre peine à répondre à la demande. Dans le secteur de l’électroménager notamment, les entreprises se plaignent d’une pénurie de main-d’œuvre.

« Entre avant et après la crise sanitaire, on a quasiment doublé le nombre de requêtes réparateur électroménager sur Google » affirme Guy Pezaku, co-fondateur et CEO de Murfy, une start-up qui s’est spécialisée dans la réparation et le reconditionnement d’électroménager. La petite entreprise, fondée en 2018, a connu à la fin du premier confinement une explosion des demandes d’interventions sur son site. «On se disait que ça allait s’essouffler, mais cela s’est maintenu» raconte Guy Pezaku. Et un an après, les résultats sont au rendez-vous : en 2020, Murfy a réalisé 3,5 millions de chiffres d’affaires et table sur le triple en 2021.

Le jeune ingénieur à « l’âme d’entrepreneur » explique cet engouement pour la réparation par une volonté observée chez les clients de «consommer mieux, et de façon plus responsable». Medhi Dahmani, directeur des opérations SAV chez Fnac-Darty rejoint le constat du co-fondateur de Murfy : depuis 2019, il observe une « vraie prise de conscience » sur les sujets de réparabilité « qui s’est accentuée avec le contexte sanitaire ». Pour le groupe leader du secteur, cela s’est traduit par une croissance de 30 à 40% des interventions à domicile. Ajouté à cette évolution des consommateurs, le télétravail aurait lui aussi participé à l’augmentation de la demande, «quand on reste chez soi on utilise plus les équipements» explique Laurent Falconieri, président de la Compagnie du SAV, le plus gros réparateur indépendant.

«Les centres de formations ont presque tous fermés»

Mais le secteur, en déclin depuis des années, peine à répondre à cette évolution soudaine de la demande. « Cela fait 30 ans qu’on nous explique que le progrès c’est de pouvoir se racheter un lave-linge quand il tombe en panne : progressivement les jeunes ont arrêté de se former au métier de la réparation, et les centres de formations ont presque tous fermé » explique Guy Pezaku. Résultat : seulement 5000 réparateurs exercent aujourd’hui quand « il en faudrait le double » affirme le jeune entrepreneur.

500 techniciens à horizon 2025 pour Darty

Face à cette pénurie, les entreprises internalisent la formation pour répondre au plus vite à la hausse des sollicitations. Ainsi, Murfy, qui compte actuellement 60 techniciens, en forme 60 autres dans ses ateliers de reconditionnement. « Cette année on devrait former au total 150 personnes » affiche le co-fondateur. Darty, acteur historique de la réparation n’est pas en reste et noue des partenariats avec l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) et le CFA Ducretet pour pouvoir recruter « 500 techniciens à horizon 2025 ». Des classes se sont ainsi ouvertes en début d’année à Paris, Lyon et Marseille, pour former les apprentis réparateurs en seulement 11 mois. Des renforts bienvenus pour les 2000 techniciens du groupe qui peinent à répondre aux 2,5 millions de sollicitations SAV annuelles.

Une demande qui n’est pas près de s’arrêter

Et pour Erwann Fangeat, expert au sein de la direction Économie circulaire et Déchets de l’ADEME, cette tendance à la réparation n’est pas près de s’arrêter. Elle sera notamment portée en 2022 par une écocontribution versée par les producteurs d’équipements électriques et électroniques dans le cadre de l’application du « principe de Responsabilité élargie du producteur (REP) ». «Cette contribution permettra de financer un fonds pour favoriser la réparation » explique Erwann Fangeat qui précise que le projet est «en cours de création». Pour Laurent Falconieri, la création de ce fond est «une excellente chose» mais selon lui, cette initiative gagnerait à être accompagnée de dispositions plus audacieuses, un «grenelle de la réparation», pour favoriser les formations car rappelle-t-il, «il n’y a pas de réparations sans réparateurs».

Quoi qu’il en soit, la mise en place d’un tel fonds est un gage de sûreté supplémentaire pour ceux qui hésiteraient encore à se former à ce métier d’avenir. « On a recruté des profils qui viennent de la restauration, de l’hôtellerie, ou des intermittents du spectacle » encourage Mehdi Dahmani qui recherche avant tout des « personnes motivées avec la fibre “relation-client” et un peu de bagage technique ».



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