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Finance

Coronavirus : les résultats de Crédit Agricole SA en repli de 16 % au premier trimestre



Après Société Générale et BNP Paribas, c’est au tour de Crédit Agricole de révéler à quel point la crise du coronavirus l’a affecté au premier trimestre. Crédit Agricole SA (CASA), l’entité cotée du groupe mutualiste, a dévoilé ce mercredi matin un résultat net part de groupe de 638 millions d’euros, contre 763 millions un an plus tôt (-16,4 %). A l’échelle du groupe (CASA et les 39 Caisses régionales), le mouvement est plus visible encore, avec un résultat net part du groupe en repli de 32 % sur les trois premiers de l’année à 908 millions d’euros.

« Je ne vais pas qualifier ce résultat », a prévenu d’entrée de jeu Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole SA. A ses yeux, le Covid-19 s’est superposé au premier trimestre à une mécanique bancaire toujours efficace. A la faveur de revenus en hausse (à 5,2 milliards d’euros) – une performance en soi – augmentant plus vite que les frais de gestion, la Banque verte améliore son résultat brut d’exploitation.

Paradoxe apparent

Mais cela ne suffit pas à enrayer les effets du coronavirus. Comme ses homologues, le groupe a dû passer d’importantes provisions. Chez CASA, elles ont ainsi gonflé de près de 400 millions d’euros (et de 650 millions pour l’ensemble du groupe), portant le coût du risque à 621 millions d’euros (contre 225 millions un an plus tôt) à fin mars, soit en rythme annualisé à 61 points de bases (0,61 % des encours), un niveau toujours faible.

Paradoxe apparent, ces provisions ne signifient pas que les emprunteurs remboursent déjà moins bien. De nouvelles règles comptables (IFRS 9) conduisent à provisionner des pertes « attendues », mais pas forcément avérées. Ainsi, 56 % de la hausse du coût du risque correspond à des encours toujours « sains », précise le groupe.

Comme ses homologues, le groupe a de plus été pénalisé par la volatilité extrême de la fin mars. Plusieurs portefeuilles (dans l’assurance, les métiers de l’épargne et dans les caisses régionales) sont valorisés en « mark to market ». Autrement dit, à la clôture des comptes, fin mars, c’est la valeur dégradée de certains actifs qui a dû être prise en compte, conduisant à des dépréciations (comptablement, elles viennent se déduire des revenus).

« Nous savons ce qu’il faut faire »

Le groupe se montre peu disert sur le détail de ces effets. A l’échelle de CASA, « il y a eu des effets positifs et négatifs, mais au total il y a un effet sur les revenus que l’on peut estimer à 250 millions d’euros », détaille Jérôme Grivet, directeur général adjoint de CASA, soit environ 5 % des revenus de l’entité.

Les ressemblances avec les deux grandes banques commerciales s’arrêtent là, puisque, à leur différence, la banque d’investissement de la Banque verte (CACIB) a peu souffert, parvenant à une progression de ses revenus et de son résultat. La présence de dérivés d’actions – à échelle bien plus réduite – explique que les pertes provoquées par la « dislocation » des marchés fin mars y soit d’à peine une vingtaine de millions d’euros, bien moins que chez Société Générale ou que chez BNP Paribas.

Au-delà de sa santé du groupe, la Banque verte insiste sans fausse modestie sur son rôle dans le « portage » de l’économie voulu par l’Etat pendant le confinement, via des reports d’échéances ou la distribution de prêts garantis par l’état (PGE). Une contribution à la mesure des parts de marché du géant mutualiste. « Ce plan de portage, à 20 ou 30 %, c’est nous », explique Philippe Brassac qui enfonce le clou : « Il est jouable car nous savons ce qu’il faut faire, et nous le faisons ». Parmi d’autres mesures, le groupe estime avoir déjà accordé 19,5 milliards d’euros de PGE, « des chiffres qui vont continuer à monter », insiste le dirigeant.



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