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Finance

Covid-19 : près des deux tiers des grandes entreprises françaises ont réduit ou supprimé leurs dividendes



Publié le 7 nov. 2020 à 7:46

Appelées à la modération sur les dividendes et les rachats d’actions par le gouvernement, les grandes entreprises françaises ont en majorité joué le jeu. A lire le dernier rapport annuel du Haut comité de gouvernement d’entreprise (HCGE), 32 entreprises adhérentes de l’Association française des entreprises privées (hors holdings familiaux et groupes étrangers) ont annulé leurs distributions de dividendes par rapport au montant initialement annoncé au titre de l’exercice 2019, et 31 d’entre elles les ont diminuées. Six autres entreprises n’envisageaient pas de distribuer de dividendes en 2020.

Cela représente près des deux tiers des 95 entreprises françaises adhérentes à l’Afep. « Ces annulations ou baisses ont représenté 27 milliards d’euros, soit une baisse des montants distribués de 41 % par rapport aux distributions réalisées au titre de l’exercice passé », précise le HCGE.

Les chiffres sont cohérents avec ceux rassemblés par les analystes d’Eres. Parmi les entreprises du SBF 120, 22 % ont réduit les dividendes qu’elles avaient prévu de verser en 2020 et 39 % les ont purement et simplement supprimés, selon les données (à fin juillet) rassemblées par le cabinet de conseil spécialisé en épargne salariale.

Pression du gouvernement

La crainte de manquer de trésorerie dans un environnement économique bouleversé par les mesures de confinement a joué. Mais la pression du gouvernement a été décisive. En avril, ce dernier a clairement subordonné certaines aides d’urgence comme les prêts garantis par l’Etat (PGE) et le report de charges à l’absence de distribution de dividendes ou de rachats d’actions en 2020.

Parmi celles ayant annulé leurs versements de dividendes, « certaines entreprises ont toutefois indiqué qu’elles se laissaient la possibilité de distribuer à l’automne selon la situation », précise le rapport. Par ailleurs, six groupes du CAC 40 ont décidé de maintenir le versement intégral de leur dividende au titre de l’exercice 2019, malgré la crise.

Le HCGE s’est également penché sur la politique suivie en matière de rémunérations des dirigeants. L’Afep avait demandé« aux dirigeants mandataires sociaux qui sont restés à leur poste ou qui sont en télétravail de réduire d’un quart (-25 %) leur rémunération globale » versée en 2020 « pour la durée où des salariés de leur entreprise [seraient] en chômage partiel ». Résultat : 75 sociétés ont annoncé la baisse de la rémunération de leurs dirigeants (mandataires sociaux, top management ou administrateurs). Ces rémunérations ont, en général, été versées à des fonds de solidarité internes ou externes aux entreprises.

Le HCGE se garde toutefois de donner davantage de détails. Tout juste indique-t-il que ces « baisses de rémunérations » ont pu correspondre à des réalités très différentes selon les entreprises : baisse du fixe sur une période donnée, renoncement (total ou partiel) à un bonus (au titre de 2019 ou de 2020), réduction de l’intéressement à long terme, voire renoncement à des augmentations en 2020.



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