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Finance

Crédit immobilier : les banques veulent faire à nouveau carton plein en 2022



Publié le 7 janv. 2022 à 15:52Mis à jour le 7 janv. 2022 à 16:06

Après une année 2021 exceptionnelle pour le crédit immobilier, les banques veulent renouveler l’exploit en 2022. « A moins qu’il n’y ait un nouveau confinement général et que les études de notaires ferment bien sûr, il n’y a pas de raison de faire moins bien qu’en 2021 », assure Yann Lhuissier, en charge du marché des particuliers et à la tête du pôle développement immobilier chez LCL.

Pour lui, les fondamentaux sont là : des besoins de logement face à une sous offre, des taux très bas, les contraintes mais aussi les opportunités à venir sur les logements énergivores. « Et puis la pierre reste la pierre, c’est une valeur refuge au coeur du patrimoine des Français », assure le professionnel.

« Depuis le début du confinement, le logement est un sujet qui a pris énormément d’importance, note pour sa part Pierre Chapon, à la tête du courtier en ligne Pretto. Les prix sont élevés, mais il y a de l’épargne disponible et les banques débordent de liquidité. C’est un bon moteur pour le marché. »

Les normes du HCSF « digérées »

Même les normes du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) ont déjà été « digérées » par les banques et ne devraient pas gêner la dynamique du marché, malgré leur passage d’un statut de recommandation à celui de normes contraignantes depuis le 1er janvier 2022, assurent les professionnels.

Ce cadre plus strict, qui plafonne à 35 % la part des revenus du ménage consacrée aux remboursements de crédit et leur durée à 25 ans, était pourtant agité comme un véritable chiffon rouge. « C’est difficile à admettre, mais les mesures du HCSF n’ont pas eu d’effet négatif sur le marché du crédit », reconnaît un courtier, après deux ans de bataille rangée contre les autorités.

En revanche, ces normes privilégient les ménages dont les revenus sont suffisants pour prétendre aux crédits. « Du coup, elles intensifient la concurrence sur un segment de marché restreint, estime Sandrine Allonier, chez VousFinancez.com. Pour prêter autant qu’en 2021, les banques vont donc maintenir les taux au plus bas, sous peine de sortir du marché. » Le taux d’intérêt moyen en 2021 s’est établi à 1,14 %. Un plancher historique.

Inquiétude de la BCE

Car derrière le crédit immobilier, il y a l’enjeu, pour les banques, de créer une relation profonde avec leurs clients. « Le crédit immobilier, c’est bien plus qu’un produit d’appel, reprend Yann Lhuissier. Derrière, il y a un projet de vie et donc une relation d’au minimum huit ans, avec des transferts de salaire, de l’épargne, etc. C’est pour cela que l’on se bat autant sur le crédit immobilier ».

Alors que le crédit a été un puissant moteur du marché de la banque de détail en 2021, la fin de l’euphorie pourrait cependant provenir des autorités européennes. Ces dernières commencent à s’inquiéter sérieusement du risque de surchauffe du crédit immobilier alors que partout l’endettement a explosé, comme les prix des biens.

« Les prix des logements dans la zone euro ont augmenté à leur rythme le plus rapide depuis 2005 au deuxième trimestre 2021, tandis que l’on observe des signes d’assouplissement des normes de prêt hypothécaire », relevait la Banque centrale européenne dans une note en novembre. De quoi justifier, selon elle, « l’activation de politiques macroprudentielles le cas échéant ». Autrement dit, l’obligation de nouveaux coussins de sécurité pour les banques.



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