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Finance

Crédit immobilier : les chiffres fous d’une année hors norme



Publié le 7 janv. 2022 à 14:10Mis à jour le 7 janv. 2022 à 14:17

« Ma petite entreprise, connaît pas la crise ». Le titre de la chanson d’Alain Bashung pourrait parfaitement s’appliquer au marché du crédit immobilier. Et pour cause : production, taux, nombre de transactions… En 2021, le secteur a enchaîné les records en dépit des incertitudes économiques liées à la pandémie. Retour sur une année hors norme en quatre chiffres fous.

273 milliards de production de crédit

D’après les derniers chiffres de la Banque de France, publiés jeudi, la production de nouveaux crédits à l’habitat sur l’ensemble de l’année 2021 a atteint 273 milliards d’euros. Un niveau jamais atteint depuis quatre ans. Ce chiffre dépasse largement la production enregistrée lors des deux années précédentes, pourtant déjà présentées comme exceptionnelles (252,3 milliards en 2020 et 246,5 milliards en 2019). « Après prise en compte des estimations de flux, de taux de croissance et de taux d’intérêt pour le mois de décembre, 2021 serait l’année la plus dynamique depuis 2017 », souligne la Banque de France.

« Par rapport à 2017, 2021 est vraiment exceptionnelle car la production cette année est portée par les transactions pures, et non par les renégociations ou les rachats de crédits, commente Sandrine Allonier, porte-parole du courtier VousFinancez.com. De janvier à novembre, nous étions à une production de 159 milliards hors renégociation en 2017, contre 207 milliards en 2021. » 2017 correspond à la première année de réelle chute des taux moyens sous la barre des 2 %, ce qui avait provoqué une importante vague de renégociations et de rachats.

1,2 million de transactions

La production extraordinaire de 2021 est en grande partie portée par un autre record : celui du nombre de crédits accordés. Les données définitives de la Banque de France ne sont pas encore disponibles, cependant les estimations des notaires, qui voient passer tous les contrats, ainsi que celles des courtiers s’accordent autour de 1,2 million de transactions signées dans l’année.

C’est plus que le 1,06 million enregistré en 2019, déjà présenté comme l’année de tous les records ! En 2020, 1,02 million de crédits avaient tout de même été signés malgré les différents confinements ayant entraîné la fermeture des agences immobilières. « Il y a encore six mois, si vous m’aviez dit que l’on ferait mieux qu’en 2019, qui était une année record pour nous, je ne vous aurais pas cru », lâche le responsable immobilier d’une grande banque.

Pour Ludovic Huzieux, à la tête d’Artemis Courtage, le dynamisme du crédit immobilier vient notamment du sentiment « d’éloignement du risque de crise économique, qui aurait pu être l’une des conséquences de la pandémie, mais également par le fait que l’immobilier reste une valeur refuge en période de crise. »

1,14 % de taux d’intérêt moyen

Si les Français se sont jetés sur l’immobilier, c’est aussi parce que jamais les taux d’emprunt n’ont été aussi bas. Sur l’année, le taux moyen est tombé à 1,14 %, et même 1,12 % en décembre, d’après la Banque de France. En 2020 et 2019, les taux étaient déjà à des niveaux historiquement bas mais ils avoisinaient encore 1,25 %.

Ces taux s’expliquent notamment par la volonté des banques de continuer à séduire de nouveaux clients malgré la hausse des prix. Une nécessité pour écouler leurs liquidités afin d’éviter une taxation de leurs dépôts par la Banque centrale européenne. Mais aussi la dure loi de la concurrence… « Les banques qui avaient relevé leurs taux en fin d’année dernière les ont baissés de nouveau en ce début d’année, assure Sandrine Allonier. Elles étaient immédiatement sorties du marché. La concurrence est d’autant plus féroce pour conquérir des clients que le Haut conseil de stabilité financière a réduit les profils éligibles aux crédits. »

231,3 mois, la durée des prêts au plus haut

Pour contrer la hausse des prix de l’immobilier, les banques jouent sur les taux, mais également sur la durée des prêts, pour faire baisser les mensualités. Résultat, l’année 2021 est également record sur cet aspect, avec 231,3 mois en moyenne, enregistré par l’Observatoire Crédit Logement CSA sur les trois premiers trimestres (les chiffres de l’ensemble de l’année ne sont pas encore disponibles ni répertorié par la Banque de France). Sur la même période, les crédits étaient signés pour 227,3 mois en 2019 et 226,4 mois en 2020.



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