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Finance

Crédit Mutuel et Crédit Agricole viennent disputer ING à Société Générale



Publié le 8 oct. 2021 à 8:46

Coup de théâtre dans la vente d’ING en France. Selon nos informations, le groupe Crédit Mutuel ainsi que Crédit Agricole ont déposé une offre pour mettre la main sur l’activité d’un million de clients mise aux enchères par la banque néerlandaise.

Alors que Société Générale semblait en terrain quasi conquis pour remporter le portefeuille d’épargnants pour sa banque en ligne Boursorama, la concurrence s’avère plus rude que prévu. Il n’est pas exclu que la marque d’intérêt de la banque de La Défense n’ait justement réveillé l’appétit de ses rivaux. Après la vente de HSBC en France , ils risquaient là de voir une opportunité leur échapper à bon compte au profit d’un concurrent direct.

« Occasion à saisir »

« Acquérir plusieurs centaines de milliers de clients pour quelques dizaines de millions d’euros c’est une occasion à saisir. C’est bien plus intéressant que les actifs de HSBC, un gouffre de coûts », indique une source. Interrogées, aucune des banques n’a souhaité faire de commentaire.

Les intérêts des différents candidats en tout cas se rejoignent : atteindre un point mort plus rapidement et réduire ses coûts d’acquisition clients, à l’heure où les néobanques sont bien plus séduisantes .

Du côté du Crédit Agricole, une tel rachat viserait à conforter LCL, avancent des sources. L’ex-Crédit Lyonnais racheté 19 milliards d’euros en 2003 rationnalise son réseau d’agences et pourrait lever des synergies en intégrant les activités d’ING, exclusivement en ligne. Sa maison-mère avait déprécié LCL pour 600 millions d’euros en 2019.

Du côté du groupe Crédit Mutuel, l’adossement potentiel de ce million de clients supplémentaires pourrait venir appuyer Monabanq, la banque en ligne de l’Alliance Fédérale. Arkéa, qui possède Fortuneo, n’a pas déposé d’offre à ce stade, de sources concordantes. Il est de fait plutôt engagé dans une phase de rationalisation de ses activités liées aux fintechs .

Course à l’acquisition clients

Société Générale de son côté a de fortes ambitions dans la banque en ligne. Le groupe de La Défense a fixé un objectif de 4 millions de clients d’ici 2023 à Boursorama, contre 3 millions actuellement. L’acquisition d’ING lui permettrait de gagner un an et de limiter les frais de conquête, estimés à 230 millions d’euros d’ici 2023, qui grèvent ses comptes.

Autant dire, donc, que la motivation est forte. Les banques en ligne sont toujours contraintes de faire des offres financières pour convaincre les clients de les rejoindre. Monabanq accorde jusqu’à 160 euros pour l’ouverture d’un compte et Boursorama 80 euros. 

Reste pour les acheteurs à déterminer la part de clients d’ING réellement actifs: certains l’estiment à 700.000, d’autres à moins. Au total, ce pourrait être environ 20 milliards d’euros d’activités bancaires qui changeront de main. Un chiffre que ne confirme pas ING. Ce portefeuille comprendrait pour moitié des dépôts de type Livret A ou PEL, qui peuvent parfois coûter cher aux banques, et pour moitié de l’épargne hors bilan, telle que de l’assurance-vie. 

Les quelque 500 salariés de la banque de détail, sur les 700 que compte ING France au total, risquent de rester au bord du chemin. Le projet de cession ne comprend pas de volet de social et un plan de sauvegarde de l’emploi a été ouvert. La banque néerlandaise entend conserver ses activités d’entreprises en France.



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