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Economie

dans les rues de Paris, les syndicats avertissent les candidats à 2022


REPORTAGE – Plusieurs organisations syndicales se sont mobilisées ce mardi contre la réforme de l’assurance-chômage, la réforme des retraites, et pour une hausse des salaires.

Ce devait être un «signal fort». Sous une météo capricieuse, plusieurs organisations syndicales et organisations de jeunesse se sont mobilisées, ce mardi. La CGT, la FSU, Solidaires et Force ouvrière, d’une part, et l’Unef, l’UNL, la Fidl et le MNL, d’autre part, ont rassemblé plusieurs milliers de personnes derrière un grand nombre de revendications. À Paris, Force ouvrière et la CGT ont revendiqué «25.000» participants, et le ministère de l’Intérieur a compté 6400 manifestants.

Pour les représentants des syndicats, rencontrés près de la place de la République, le message porté ce mardi était clair : «nous serons là demain», pour défendre leurs positions. La mobilisation avait valeur de triple avertissement, envers le gouvernement, les candidats à l’élection présidentielle et le patronat, a expliqué le secrétaire général de Force ouvrière au Figaro. «Nous serons là demain sur les salaires, l’emploi, les retraites, la fonction publique, quelle que soit la personne qui sera aux rênes», a martelé Yves Veyrier. Son organisation épluchera avec attention les programmes des candidats à l’élection de 2022, et met en garde contre une surenchère à «l’orthodoxie budgétaire», ainsi que contre les promesses de gascon.

«Nous serons là demain sur les salaires, l’emploi, les retraites, la fonction publique, qui que ce soit qui sera aux rênes», a martelé Yves Veyrier. WGB/Le Figaro

Ses équipes restent aussi mobilisées contre la réforme de l’assurance-chômage, et déposeront leur recours au conseil d’État mardi ou mercredi, a annoncé Yves Veyrier. «Le gouvernement s’obstine», a regretté le représentant. FO, comme la CGT, reste vent debout contre tout retour d’une réforme des retraites. «Maintenant, c’est clair : le premier ministre qui la portait en 2019, Edouard Philippe, est explicite, 65, 66 ou 67 ans », a relevé le secrétaire général de FO, opposé à tout relèvement de l’âge de départ. «Nous avons un problème de chômage des seniors […] ce n’est pas comme cela que nous allons le résoudre», a-t-il jugé.

Les syndicats espèrent également que les mobilisations permettront de «booster les négociations dans les branches et les entreprises» pour obtenir des hausses de salaires. «Il est proprement inadmissible que certains métiers de la deuxième ligne doivent attendre encore des mois pour voir les augmentations arriver sur leur fiche de paie», s’est agacé le secrétaire général de la CGT pour qui le «sort de ces travailleurs n’a pas changé depuis un an et demi». La question des salaires sera «centrale dans la campagne présidentielle», a estimé Philippe Martinez, se félicitant que les syndicats aient remis ce thème en avant. Car l’horizon reste brumeux : «l’augmentation des prix de l’énergie va taper, cet hiver, dans le portefeuille des ménages», s’est inquiété Yves Veyrier, qui a appelé à revaloriser les métiers «scotchés au smic».

«L’augmentation des prix de l’énergie va taper, cet hiver, dans le portefeuille des ménages», s’est inquiété Yves Veyrier. WGB/Le Figaro

Si les représentants portaient un message «clair», notamment à destination des prétendants à l’Élysée, les participants défendaient des revendications variées. Les marcheurs croisés dans le cortège, qui s’est ébranlé dans une ambiance bon enfant, défendaient ainsi qui un abandon de la réforme de l’assurance-chômage, qui l’arrêt de tout projet de retour de la réforme des retraites, de meilleures pensions pour les retraités, une hausse des salaires… Une myriade d’exigences, difficiles à résumer. Certains, plus radicaux, réclamaient aussi une mise à bas du système capitaliste.

«Je manifeste pour la première fois», a expliqué au Figaro un trentenaire francilien travaillant dans la métallurgie. Lui est descendu dans la rue pour les salaires, le pouvoir d’achat, les retraites. Chasuble CGT sur le dos, cigarette aux lèvres, il découvre les manifestations. La suite, «on verra», nous dit-il. Derrière, des étudiants rassemblés s’opposent à la sélection à l’université, à grand renfort de slogans. Sous une pluie soudaine, leurs cris résonnent rue La Fayette. Un peu plus loin, des salariés d’Atos s’engagent contre un projet d’externalisation de «plus de 200 salariés», y voyant des licenciements masqués. «Nous voulons faire pression sur la direction, nous voulons rester chez Atos», explique un salarié.

Encadrée de près par les forces de l’ordre, la mobilisation s’est révélée décevante : sur LCI, lundi, Philippe Martinez espérait plusieurs dizaines de milliers de personnes à Paris, pour que «toute la colère qu’on ressent» fasse pression sur l’exécutif. «50.000 personnes, par exemple», citait le chef de la CGT. Mais seuls 25.000 participants ont répondu présent finalement, selon les chiffres du syndicat. Pas de quoi décontenancer les organisations : «la mobilisation est là, on voulait donner un signal syndicat […] Moi j’ai des bons chiffres, 25.000 à Paris […] Les militants, adhérents, se sont mobilisés, dans tous les secteurs d’activité, donc je ne suis pas déçu du tout», a commenté Yves Veyrier le soir, sur BFM Business.

Au total, 160.000 personnes ont manifesté dans tout l’Hexagone, selon la CGT, mais le ministère de l’Intérieur n’en a dénombré que 85.400. Des chiffres sans doute trop faibles pour faire fléchir le gouvernement.



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