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Economie

De premiers centres commerciaux soumis au passe sanitaire


Certains préfets ont déjà pris des arrêtés en ce sens. L’épée de Damoclès plane pour quelque 350 centres commerciaux, dont la surface est supérieure à 20.000 m2.

A priori, l’entrée d’un centre commercial n’est pas soumise à la présentation du passe sanitaire… sauf si le préfet en décide autrement, en raison de la situation sanitaire locale. Cette épée de Damoclès plane sur les établissements les plus gros – quelque 350 centres commerciaux sur 840 en France, dont la surface est supérieure à 20.000 m2.

Lundi matin, de premiers préfets avaient pris des arrêtés en ce sens, en Loire-Atlantique et dans les Pyréenées orientales, département où le taux d’incidence dépasse les 500 cas de covid pour 100.000 habitants. Trois centres-commerciaux y sont ciblés: les galeries Carrefour Claira Salanca, Leclerc Polygone Perpignan Nord et Auchan Porte d’Espagne Perpignan Sud. En Loire-Atlantique, six centres-commerciaux sont concernés. Ailleurs, d’autres centres ont d’eux-mêmes pris la décision d’imposer le passe sanitaire, sans attendre le verdict du préfet. Ainsi d’Aushopping Avignon Nord, au Pontet, qui abrite un hypermarché Auchan.

Les professionnels espèrent que les décisions ne vont pas se multiplier. «Nous espérons que le préfet n’interviendra que lorsque ce sera nécessaire et pas par précaution , anticipe Emmanuel Le Roch, le délégué général de Procos, une fédération d’enseignes. Pour les centres commerciaux, ce risque est toutefois préférable à l’application du passe dans tous les centres, comme initialement prévu par le projet de loi, mais retoqué par le Conseil d’État. Et plus encore à la fermeture, qu’ils n’ont que trop connue depuis le début de la crise sanitaire.

Le contrôle du passe coûtera 30.000 euros par mois et par entrée, compte tenu de l’amplitude de nos horaires d’ouverture. Et cela générera forcément des files d’attente

Gontran Thüring, le délégué ­général du conseil national des centres commerciaux

Contrôler les passes des clients n’en restera pas moins un casse-tête pour les sites qui auront été désignés par les préfets. «Les grands centres commerciaux ont des niveaux de fréquentation élevés, rappelle Gontran Thüring, le délégué général du conseil national des centres commerciaux (CNCC). Les plus gros accueillent 15 à 20 millions de clients par an, et disposent souvent de multiples entrées. Le contrôle du passe coûtera 30.000 euros par mois et par entrée, compte tenu de l’amplitude de nos horaires d’ouverture. Et cela générera forcément des files d’attente», ajoute-t-il.

Baisse de fréquentation à prévoir

Savoir quel centre est susceptible d’être soumis au passe est un casse-tête en soi. Tous les clients, y compris ceux qui ne sont pas vaccinés, devront en effet continuer à avoir accès aux transports et aux biens de première nécessité (hypermarchés, pharmacies). Les centres commerciaux situés sur des lignes de métro, comme le Forum des Halles à Paris ou La Part Dieu à Lyon, ne devraient donc pas être concernés par le passe. En revanche, ceux qui abritent une pharmacie ou un hypermarché ne sont pas épargnés, comme le montrent les premiers arrêtés publiés, car les clients ont la plupart du temps le choix d’aller acheter les mêmes produits à proximité de ces grands complexes.

Cela devrait entraîner une baisse de fréquentation des centres commerciaux, à l’instar de ce qui s’est produit dans les cinémas et les musées, où le passe sanitaire est en vigueur depuis le 21 juillet. Les clients des centres-commerciaux, de surcroît, ont souvent le choix d’aller faire leurs courses ailleurs. «Entre les clients qui ne seront pas vaccinés et ceux qui ne voudront pas faire la queue, la baisse de fréquentation sera importante , confirme Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce.

Certains professionnels craignent par ailleurs de voir s’élargir une fracture territoriale, si le passe était appliqué dans de nombreux centres commerciaux, mais pas en centre-ville. «Certains centres sont situés dans des villes périphériques qui n’ont pas de centres-villes. Attention à ne pas priver certains habitants de commerces», même non essentiels, relève le patron d’une grande foncière.



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