Image default
Economie

Déçues des annonces du gouvernement, les sages-femmes se préparent à reprendre la grève


Olivier Véran a annoncé jeudi soir une prime de 100 euros et une revalorisation des salaires mensuels du même montant.

Après de longs mois de discussions avec les sages-femmes, le ministère de la santé a annoncé jeudi soir une revalorisation des salaires de 100 euros. Cette augmentation intervient comme un rattrapage des augmentations accordées à tous les personnels hospitaliers dans le cadre du «Ségur de la santé». Les sages-femmes étaient en effet les grandes oubliées de ces hausses de rémunération.

Mais pour les principales concernées, ces 100 euros n’apportent pas de réponse au malaise grandissant de la profession et sont loin d’être suffisants. «Ce qui a été annoncé hier ne va pas du tout dans le bon sens. Pour nous c’est la catastrophe» déplore l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF).

La question du statut au cœur de la colère

D’abord, le gouvernement ne s’est pas saisi de la question du changement de statut des sages-femmes, pourtant demandé par l’ensemble de la profession. «Nous souhaitons seulement bénéficier du même statut que les autres corps médicaux hospitaliers, comme les médecins ou les pharmaciens» explique l’ONSSF au Figaro. Pour l’instant, la profession de sage-femme est encadrée par la fonction publique hospitalière au même titre que les personnels paramédicaux et dépend donc de la hiérarchie de l’hôpital, ce qui ne permet pas «de respecter l’obligation déontologique d’indépendance de la profession» vis-à-vis de l’employeur, détaille le syndicat.

Le statut de praticien hospitalier, dont bénéficient par exemple les médecins, chirurgiens ou pharmaciens, permettrait ainsi aux sages-femmes de s’émanciper de l’autorité hiérarchique de l’hôpital qui ne s’applique pas à ces professionnels – ils restent toutefois soumis à l’autorité organisationnelle du directeur pour assurer le fonctionnement de l’établissement. Ce changement de statut permettrait aussi des formations plus adaptées, en lien avec leur métier, l’exercice d’une activité mixte entre l’hôpital et le libéral ou encore la reconnaissance de la recherche en maïeutique à l’Université. Selon l’ONSSF, la seule revalorisation du salaire «ne règle pas le problème d’attractivité de la profession».

La question des effectifs n’a pas non plus été abordée : «les équipes sont de plus en plus chargées, on nous a rapporté une situation où 3 sages-femmes ont dû assurer 11 naissances en 12 heures. Avec les nouvelles annonces, rien ne va changer» se désole le syndicat. Le Conseil National de l’Ordre des sages-femmes partage le constat : «En Guyane par exemple, il manque 48 sages-femmes actuellement pour faire fonctionner correctement les hôpitaux».

Les sages-femmes déplorent également le manque de compréhension du gouvernement : «Nous avons été écoutées mais pas comprises» assure l’ONSSF. Du côté du Conseil National de l’Ordre des sages-femmes, la conclusion est identique : «Olivier Véran prétend que nous ne sommes pas unies sur la question du statut, mais c’est faux. La majorité d’entre nous demande le statut de praticien hospitalier» assure Isabelle Derrendinguer, Secrétaire générale de l’ordre.

Incompréhension sur la logique du gouvernement

Pour expliquer cette fin de non-recevoir adressée aux organisations syndicales par le gouvernement sur le statut, deux raisons principales ont été avancées. D’abord le changement déboucherait sur une révision des grilles indiciaires qui pourrait coûter cher au gouvernement. Mais l’ONSSF balaie cet argument : «Nous ne demandons pas forcément à être rémunérées comme les médecins, il peut y avoir une nouvelle grille propre aux sages-femmes à l’intérieur du statut de praticien hospitalier». Autre élément de réponse rapporté par le syndicat, le gouvernement ne disposerait pas d’une fenêtre législative suffisante pour faire passer un changement de statut avant la présidentielle.

Les sages-femmes déplorent aussi une hausse des salaires «insuffisante» et qui manque de clarté. Selon l’Ordre des sages-femmes, celle-ci ne concerne en effet «que les personnels exerçant en hôpital» et manque d’ambition. «On ne peut pas accepter qu’une sage-femme avec un doctorat gagne 1400 € par mois». Pour faire entendre les revendications des professionnelles, un préavis de grève illimitée sera déposé ce vendredi par l’ONSSF.



Source link

Autres articles

Travail au bureau ou à la maison : les cadres choisissent l’alternance

administrateur

Quel logement peut-on acheter avec 240.000 euros?

administrateur

Ces trois villes qui ont de quoi séduire les acheteurs immobiliers

administrateur

Contre le terrorisme, Djebbari favorable à la reconnaissance faciale dans les transports

administrateur

Les loges de concierge ont contribué à la baisse des charges à Paris

administrateur

«Si Biden est élu, ses marges de manœuvre pour relancer l’économie seront réduites»

administrateur