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Economie

Des capteurs de présence des salariés sous les bureaux, un surprenant dispositif pour organiser le «flex office»


La BPCE et la Société Générale ont trouvé un moyen original pour gérer l’occupation des espaces de travail dans leurs locaux.

Le dispositif peut à première vue inquiéter, voire choquer. Le groupe BPCE équipe progressivement ses locaux franciliens de détecteurs de présence placés sous les postes de travail des collaborateurs. Ces équipements sont déjà en phase d’essai dans certains immeubles du groupe. La banque Société Générale en a également déployé dans ses locaux de la Défense.

Si ce type de dispositif existe depuis quelques mois à Wall Street (Goldman Sachs, JP Morgan et Citigroup y ont recours), il est nouveau de ce côté de l’Atlantique.

Le but affiché par ces entreprises : faciliter l’organisation du «flex office», ce système qui n’attribue pas de bureau individuel en propre à chaque salarié. Ainsi, lorsqu’un employé s’assied à un bureau, le capteur détecte sa présence et le poste de travail est signalé comme occupé pour la journée sur une application dédiée. « Les collaborateurs arrivent le matin et peuvent choisir rapidement les emplacements de travail disponibles grâce à cet outil » explique Sophie Février, directrice de l’immobilier au sein du groupe BPCE, qui a signé un accord pour deux jours de télétravail par semaine.

Les collaborateurs utilisent par ailleurs un outil pour déclarer leurs jours de présence sur site, dans le cadre des accords de télétravail (avec un maximum de 10 jours de télétravail par mois). La Société Générale a vu le même intérêt à ce système de détection. « C’est comme dans les parkings, on sait tout de suite où aller pour trouver un poste de travail disponible », explique-t-on au sein du groupe. Si l’analogie est parlante, elle peut laisser songeur quand on parle de salariés.

Pas de risque de dérive

Afin d’éviter toute contestation, ces capteurs, ainsi que le système de flex office dans son ensemble, ont fait l’objet au préalable d’un rapport présenté au comité social et économique (CSE) de chacune des deux entreprises. Et les collaborateurs concernés ont tous été informés à l’avance de leur installation.

Les deux banques l’affirment : ce système ne présente pas de risque de dérive. À aucun moment l’identité de l’employé n’est associée à un poste de travail donné puisque les postes de travail ne sont pas attribués. La CNIL n’émet d’ailleurs aucune réserve particulière a priori sur ces capteurs. « Pour ce qui est du dispositif en lui-même, il n’est pas nécessaire de faire une déclaration préalable à la CNIL, explique-t-on à la CNIL. Quant aux données, elles ne sont pas individuelles donc il n’y a pas de protocole particulier »

Quant aux partenaires sociaux interrogés, ils n’ont pas davantage présenté d’opposition à ces capteurs. « Je ne crois pas qu’il puisse y avoir de soupçon quelconque de volonté de surveillance puisque ce dispositif n’intègre aucune donnée individuelle » nous répond ainsi Didier Giraud, secrétaire au CSE de BPCE et secrétaire général de l’UNSA BPCE.

Avec le choix de nombreuses entreprises de diminuer les surfaces de bureaux au profit du télétravail, et les potentiels conflits qui en découlent pour trouver un bureau disponible, ce type de dispositif pourrait à l’avenir s’avérer pratique. Sous réserve que personne n’y trouve à redire…



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