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Economie

EasyJet préfère continuer sa route seule en levant de l’argent


La compagnie veut profiter de la sortie de crise pour prendre des parts de marché à ses concurrents.

EasyJet traverse une zone de turbulence. Jeudi, la compagnie anglaise low-cost a reconnu avoir reçu une offre de rachat non sollicitée qu’elle a refusée. Une décision prise à l’unanimité par ses administrateurs. « Cette proposition sous-évaluait la compagnie », affirme dans un communiqué EasyJet, qui a refusé d’indiquer qui était à l’origine de cette offensive. Ce premier mouvement devrait aussi être le dernier : après ce refus, le prédateur éventuel a tourné la page.

Selon Bloomberg, ce mystérieux attaquant est la compagnie à bas coûts qui monte : la hongroise Wizz­Air. Si easyJet est devenue une cible, c’est que la low-cost anglaise a beaucoup souffert avec la pandémie. Pour la première fois en vingt-cinq ans d’histoire, elle a perdu de l’argent lors de son exercice 2019-2020 clos fin septembre. En tout, plus de 1 millard d’euros. Et la situation ne s’est pas améliorée depuis avec des pertes de 821 millions au premier semestre terminé fin mars.

Décote de 48%

Du coup, elle a dû se séparer de 4500 salariés. Et, depuis le début de la pandémie, sa valeur boursière a été divisée par deux. Elle vaut à peu près 3,9 milliards d’euros, ce qui la met à portée de pas mal de bourses. Beaucoup de compagnies européennes, à commencer par Air France-KLM et Lufthansa, ont connu la même mésaventure. Mais elles ont la taille critique qui manque encore à easyJet. De ce point de vue, un rapprochement avec Wizz Air ferait sens car il permettrait au nouvel ensemble de disposer d’une flotte de 300 appareils (des Airbus pour les deux acteurs) comparable à celle de Ryanair, le premier transporteur aérien européen.

Wizz Air avait les moyens de mener à bien ce rapprochement : le groupe, qui a mieux résisté à la crise sanitaire qu’easyJet, est valorisé 6 milliards d’euros. D’ailleurs, dès décembre 2020, Michael O’Leary, directeur général de Ryanair, envisageait une consolidation du marché avec la naissance d’un cinquième grand à côté des quatre leaders européens (Ryanair, Lufthansa, IAG, Air France-KLM). « La question est de savoir si EasyJet restera une compagnie indépendante compte tenu de sa base de coûts élevée, si Wizz Air la rachètera ou si Wizz Air fusionnera avec easyJet », affirmait Michael O’Leary.

EasyJet a fait le choix de continuer sa route seule mais en s’en donnant les moyens. Après avoir levé 6,4 milliards d’euros depuis le début de la crise sanitaire, elle va procéder à une augmentation de capital de 1,4 milliard. Le prix de souscription de l’augmentation de capital a été fixé à 410 pence par action nouvelle, soit une décote de 48 % par rapport au cours de clôture de mercredi. « EasyJet demande à ses actionnaires d’ouvrir leur portefeuille pour permettre à la compagnie aérienne à bas prix de dépasser une année de turbulences sans précédent », estime Laura Hoy, analyste financière chez Hargreaves Lansdown. Un appel à la générosité pas très populaire auprès des investisseurs : jeudi, la valeur du titre en Bourse a reculé de plus de 10 %.

La compagnie compte sur ces fonds pour développer son activité, notamment en acquérant de précieux créneaux horaires de décollage – appelés des « slots » – à Paris, Amsterdam et Milan. En fait, elle veut profiter de la sortie de crise pour prendre des parts de marché aux autres acteurs, notamment les compagnies généralistes (Air France-KLM, Britih Airways…) qui réorganisent leur réseau court-courrier. Mais la partie n’est pas gagnée. Et easyJet n’est pas sortie de l’auberge : entre juillet et septembre, elle propose 57 % de son offre d’avant-crise quand Ryanair est montée en août à 75 % et Wizz Air à 85 %. Et la route qui mène à un retour à la normale sera longue : entre octobre et décembre, la compagnie au logo orange sera seulement à 60 % de son offre.



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