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Finance

Embargo sur le pétrole russe : les prix de l’énergie repartent à la hausse



Alors que la Commission européenne propose de se passer du pétrole russe, les prix de l’énergie repartent à la hausse. Ce mercredi, le baril de Brent a progressé de plus de 4 %, à 109 dollars le baril, tandis que le baril américain (WTI) gagnait 4 %, à 106 dollars le baril.

Dans leur sillage et alors que l’incertitude se renforce sur la continuité des approvisionnements en gaz de Moscou, les prix de l’électricité, du charbon et du gaz ont aussi bondi. En milieu de journée, le contrat gazier pour une livraison en juin atteignait un pic de 106,75 euros, en hausse de 7,4 %.

Vers un baril à 115 dollars ?

A ce niveau, le pétrole reste toutefois encore bien en deçà du niveau atteint au début de la guerre en Ukraine, avec un baril proche de 130 dollars. Et pour cause : « les investisseurs avaient déjà intégré le risque de sanctions vis-à-vis du pétrole russe. Par ailleurs, le marché du pétrole est fongible, la substitution d’une grande partie des livraisons russes est possible », explique Thierry Bros, professeur à Science Po.

L’accalmie sur le marché du brut liée au regain de l’épidémie de Covid-19 en Chine et aux confinements décidés par Pékin semble toutefois terminée. « Nous estimons que les marchés du pétrole sous-évaluent les risques d’approvisionnement à ce stade. Dans ce contexte, le baril de brut devrait évoluer autour de 115 dollars », indiquent les analystes d’UBS.

De fait, il est peu probable que l’Opep qui se réunit ce jeudi inverse la tendance. Lors de sa dernière réunion début avril, le cartel de pays exportateurs de pétrole, allié à la Russie, n’a pas accéléré sa cadence de production.

Par ailleurs, l’embargo proposé par l’UE sur le pétrole russe devrait accentuer le bouleversement des flux à l’échelle mondiale, l’Asie captant désormais une grande part des flux de pétrole russe destinés à l’Europe. Mais tous ne trouveront pas preneurs. Selon Bank of America, 1 à 1,5 million de barils russes « ne peuvent pas être redirigés facilement » vers d’autres acheteurs. Un phénomène qui risque encore de renchérir les prix.

L’incertitude sur le gaz

Logiquement, ce contexte risque d’exacerber les tensions inflationnistes en Europe. Surtout si de nouvelles ruptures d’approvisionnement en gaz devaient être mises en oeuvre par Moscou.

Or, ce scenario n’est plus tout à fait de la fiction. Fin avril, le Kremlin a décidé de cesser ses approvisionnements en Pologne et en Bulgarie compte tenu de leur refus à régler leur facture en rouble. Et ce lundi, les ministres de l’énergie européens ont réaffirmé clairement leur ligne rouge : selon eux, les énergéticiens doivent régler leur facture dans la devise prévue par les contrats d’origine.

« Si la Russie coupe les approvisionnements d’autres pays, les prix du gaz pourraient littéralement exploser. La plupart des pays européens auraient des difficultés à remplacer une chute brutale dans leurs approvisionnements, c’est le cas notamment de l’Italie et de l’Allemagne », rappellent les analystes de Rystad Energy.



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