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Finance

En quête de repreneur, la banque italienne Monte dei Paschi supprime près de 3000 emplois



Publié le 18 déc. 2020 à 19:18Mis à jour le 18 déc. 2020 à 19:19

La plus vieille banque du monde encore en activité se prépare à être absorbée par un concurrent. Sauvée par l’Etat italien en 2017, Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS) a confirmé vendredi son intention de mener une augmentation de capital et de se rapprocher d’un autre établissement de crédit. UniCredit, dont le patron Jean-Pierre Mustier a récemment annoncé son départ en avril prochain sur fond de divergences stratégiques avec son conseil, apparaît comme le candidat naturel.

Avant tout rapprochement, la banque siennoise doit toutefois procéder à une augmentation de capital, comme elle l’a indiqué jeudi soir à l’occasion de la présentation de son plan stratégique 2021-2025. Ce plan sera soumis d’ici le 31 janvier prochain au ministère des Finances, qui représente son principal actionnaire, ainsi qu’à la Banque centrale européenne (BCE). Face à des pertes de 1,5 milliard sur neuf mois, une augmentation de capital s’avère inéluctable. Celle-ci sera comprise entre 2 et 2,5 milliards d’euros, a fait savoir la banque.

Avec la crise liée à la pandémie, la banque structurellement en difficultés voit ses comptes se dégrader. Le nouveau plan stratégique entend maintenir le CET1 au dessus du seuil de 12% (contre 12,9% à fin septembre et 13,4% en juin). Mais il ne prévoit un équilibre des comptes qu’en 2022, avant un retour aux bénéfices à l’horizon 2023. Une nouvelle réduction des effectifs de 2.670 salariés (sur 22.000) a été annoncée. Au moment de sa restructuration en 2017, marquée par l’entrée du Trésor italien à hauteur de 68,2% de son capital, la banque s’était engagée à réduire ses effectifs de 20% en quatre ans.

Allègements fiscaux

En parallèle, BMPS mobilisera tous ses efforts pour trouver un repreneur et favoriser le retrait de l’Etat, comme le fait savoir la banque aux 1.400 agences. Une condition imposée par la BCE pour son sauvetage. L’acheteur qui serait pour l’instant privilégié demeure UniCredit, à la présidence du conseil duquel a été récemment nommé Pier Carlo Padoan , ancien ministre de l’économie qui a mené à bien la nationalisation de BMPS et ancien député de Sienne.

Le gouvernement italien précisera prochainement des mesures d’allègements fiscaux pour faciliter les fusions bancaires. Le Trésor étudie en outre un projet visant à transférer les risques juridiques de la banque à une autre entité publique. Les actionnaires, victimes d’années de mauvaise gestion, ont engagé des actions en justice et réclament 10 milliards d’euros de dédommagements.

Intesa revoit sa politique de dividende

Intesa San Paolo va revoir sa politique de dividendes. C’est ce qu’a rapporté le quotidien « Il Messaggero » en révélant la convocation d’une réunion extraordinaire du conseil d’administration de la principale banque italienne ce vendredi. Elle vise à évaluer les récentes recommandations de la Banque centrale européenne (BCE) sur les politiques de dividende, sans néanmoins prendre aucune décision. Mais son administrateur délégué Carlo Messina pourrait proposer le versement de dividendes allant jusqu’à 1,2 milliard d’euros ou 15% de ses bénéfices cumulés de 2019 et 2020. Cela correspond au plafond fixé mardi dernier par la BCE qui a assoupli l’interdiction générale de versement de dividendes et rachats d’actions décidée lors de la première vague de Covid-19. En commentant les résultats d’Intesa, Carlo Messina s’était déjà déclaré « convaincu d’être l’une des banques les mieux placées pour pouvoir reprendre le versement des dividendes une fois que la BCE le permettra ».



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