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Finance

Epargne : le gouvernement sous pression pour remonter le taux du Livret A


Publié le 23 nov. 2021 à 18:21Mis à jour le 23 nov. 2021 à 18:35

Sans crier gare, l’inflation s’est invitée dans le débat politique. Et elle aura sans doute un effet sur le taux du Livret A. Selon les chiffres de la Caisse des dépôts publiés ce mardi, les Français ont retiré 3,4 milliards d’euros de leurs Livret A et de développement durable et solidaire (LDDS) en octobre.

Si octobre est traditionnellement un mois de décollecte, impossible de dire s’il s’agit déjà d’une réponse à la hausse des prix, qui mine le rendement de 0,5 % de ces produits d’épargne très prisés des Français. Avec une inflation à 2,6 % en octobre, leur rendement réel est de -2,1 %…

Face à une situation partie pour durer, les épargnants risquent de réclamer une revalorisation du taux de rémunération. « Je ne vois pas comment le gouvernement pourrait faire autrement en période électorale », estime Gilles Carrez, le député Les Républicains, membre de la commission des finances.

Fin septembre, Bruno Le Maire avait écarté toute hausse du taux à court terme, mais avait promis de faire le point « en novembre » sur le niveau d’inflation. Contacté, Bercy rappelle aujourd’hui que la loi stipule qu’une modification du taux ne peut pas intervenir avant février prochain, après le calcul réalisé par la Banque de France le 15 janvier. Quoi qu’il en soit, un porte-parole du ministre confirme aux « Echos » la volonté de Bercy de « respecter la formule ».

Vers une rémunération de 0,8 % ?

Réformée en 2018, la formule de calcul de taux du Livret A résulte de la moyenne entre le niveau moyen de l’inflation (sur les six derniers mois) et celui du taux interbancaire à court terme.

Depuis juillet, l’inflation est progressivement passée de 1,1 % à 2,6 %. Si cette dynamique se maintient, son niveau moyen sur 6 mois dépassera donc 2 % en janvier. Si le taux interbancaire se stabilise à 0,57 %, le taux de rémunération du Livret A devrait donc être revalorisé aux environ de 0,8 %.

Le sujet est particulièrement sensible politiquement. Pour protéger les rendements des épargnants, le gouvernement avait d’ailleurs fixé, au moment de définir la nouvelle formule, un taux plancher à 0,5 % en dessous duquel le taux du livret A ne peut pas baisser. Sans celui-ci, il aurait dû tomber à 0,375 %. L’inflation était alors à peine au-dessus de 1 % et le taux interbancaire à -0,35 %.

La question va d’autant plus s’imposer que l’encours du Livret A et du LDDS atteint des sommets, gonflé par l’épargne forcée liée aux confinements. Malgré la décollecte d’octobre, les Français ont placé 20,64 milliards sur leurs livrets garantis depuis le début de l’année. Soit d’ores et déjà la quatrième meilleure année depuis 2009.

Face aux incertitudes qui persistent, notamment avec l’arrivée d’une cinquième vague de Covid-19, cette situation pourrait perdurer. « Le rendement préoccupe moins les Français que le caractère sûr de ce placement garanti », estime Gilles Carrez.



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