Image default
Finance

Erdogan purge la Banque centrale turque et envoie la livre au tapis


Publié le 14 oct. 2021 à 13:19Mis à jour le 14 oct. 2021 à 13:22

La mise au pas de la Banque centrale turque (TCMB) a franchi une nouvelle étape en amont de la réunion de politique monétaire du 21 octobre. Le président Erdogan a limogé trois cadres de la TCMB via un décret publié au beau milieu de la nuit.

Le renvoi des gouverneurs adjoints Semih Tumen et Ugur Namik Kucuk, et du membre du comité de politique monétaire Abdullah Yavas, est intervenu à la suite d’un entretien entre le président Erdogan et le gouverneur de la TCMB, Sahap Kavcioglu. Ce fidèle du président a été nommé en mars dernier, le quatrième à occuper ce poste depuis 2019.

Plus bas historique

Ces limogeages ne doivent rien au hasard : il s’agissait des membres les plus réticents à poursuivre la baisse des taux d’intérêt enclenchée le mois dernier. Le vice-gouverneur Kucuk était le seul membre du comité de politique monétaire à s’être opposé à la baisse surprise du taux directeur en septembre.

La livre turque a plongé à un nouveau plus bas historique en réaction à cette nouvelle perte d’indépendance de la Banque centrale. Elle perdait 0,9 % en milieu de journée, à 9,17 livres par dollar. Elle chutait de 1,1 % face à la devise européenne, à 10,66 par euro.

La purge opérée au cours de la nuit au sein de la TCMB ouvre la voie à une nouvelle baisse du taux directeur la semaine prochaine, estiment les analystes. La grande majorité des pays émergents ont au contraire entamé un cycle de resserrement de leur politique monétaire pour tenter de contenir l’inflation.

Nouvelle baisse de taux attendue

Le président turc est quant à lui un ardent promoteur d’une baisse des taux d’intérêt. Contrairement à la théorie économique classique, il estime que des taux élevés alimentent l’inflation. Cette dernière a continué de grimper en septembre en Turquie pour s’approcher de 20 % en rythme annuel, soit près de quatre fois le niveau ciblé par la Banque centrale.

« La politique monétaire est à nouveau utilisée par l’administration pour relancer l’activité économique à un moment délicat pour le gouvernement », estimait pour sa part Gilles Moëc d’Axa IM à la suite de la décision de septembre.

La monnaie turque a plongé de près de 19 % face au dollar depuis le début de l’année, la plus forte chute parmi les devises émergentes. Et elle pourrait encore se déprécier. Les marchés à terme estiment qu’il y a une chance sur deux qu’elle tombe à 9,5 par dollar d’ici un mois.



Source link

Autres articles

Paiement : les trois grandes fraudes d’une année 2020 atypique

administrateur

Les Suisses votent contre des multinationales responsables

administrateur

La Fed prête à réduire ses achats d’actifs dès cette année

administrateur

Terminaux de paiement d’Ingenico : les syndicats menacent de saisir Bercy

administrateur

Le travail forcé, nouvelle controverse qui éclabousse l’huile de palme

administrateur

Le Brésil est le premier émergent à relever ses taux

administrateur