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Finance

Erreur d’écriture : Citigroup saisit la justice pour récupérer son argent



« Give my money back ! » : la banque américaine Citigroup entend bien récupérer son argent. La semaine dernière, elle avait, par erreur, transféré quelque 900 millions de dollars à des créanciers du groupe de cosmétiques Revlon, essentiellement des fonds spécialisés dans la dette décotée. La banque a précisé depuis que ces fonds transférés provenaient bien de ses comptes et non de ceux de Revlon.

Certes, Citi a pu récupérer depuis la moitié du montant, mais certains fonds refusent de rendre l’argent car ils considèrent qu’il s’agit d’un remboursement légitime d’une dette alors que le groupe de cosmétiques a manqué à ses engagements.

Cette «erreur d’écriture » est d’autant plus une aubaine pour ces fonds spéculatifs que Revlon est, selon les investisseurs, incapable de rembourser sa dette, estimée à 3 milliards de dollars au total.

Un paiement du capital au lieu des intérêts

Le contentieux s’est rapidement déplacé sur le terrain juridique. Dès lundi, Citigroup a engagé une procédure à l’encontre de l’un des heureux bénéficiaires de la bévue de la banque, le fonds Brigade Capital Management, pour obtenir le remboursement de 176 millions de dollars.

Le fonds a « illégalement tenté de capitaliser sur le paiement erroné », indique la banque dans sa plainte déposée auprès de la cour fédérale de New York. Du coup, Citigroup a levé une partie du voile de cette monumentale erreur de près d’un milliard de dollars.

La banque était chargée de collecter les paiements et de communiquer avec le pool de créanciers de Revlon qui lui avaient accordé un prêt de 900 millions de dollars en 2016.

Dans ce cadre, elle était sur le point de virer une somme d’1,5 million de dollars au fonds Brigade au titre des intérêts dus sur le capital du prêt d’un montant de 174,7 millions de dollars, pour finalement effectuer un virement de 176,2 millions. Un montant supérieur au capital, alors même que cette dette se traite actuellement sur les marchés autour de 30 % de sa valeur nominale.

Les autorités de régulation saisies

Pour Citigroup, le fonds « aurait dû savoir qu’un remboursement surprise du capital ne pouvait pas être effectué dans le cadre du contrat de crédit en vigueur», et « qu’aucune entreprise, et encore moins une entreprise de vente au détail en difficultés comme Revlon, ne ferait jamais un remboursement aussi important, tout en faisant face aux conséquences financières de la pandémie en cours».

La banque indique également avoir alerté la Réserve fédérale et l’Office du contrôleur de la monnaie (OCC) de cette situation. Elle estime en effet qu’un non-remboursement des sommes transférées serait de nature à menacer « la stabilité du système bancaire et les relations avec les prêteurs, en accordant une prime aux mauvais acteurs qui tentent de capitaliser sur des erreurs opérationnelles ».

Selon Bloomberg, Citigroup souhaitait d’ailleurs se désengager de ce dossier. De fait, la situation de Revlon ne cesse de se dégrader et le groupe cherche à restructurer sa dette. Ce qui suscite d’ailleurs de nombreux contentieux entre Revlon et ses créanciers, dont Brigade Management. Ce dernier conteste en effet le projet de Revlon de transférer certains actifs pour les apporter en garantie pour de nouveaux prêts.



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