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Finance

Espagne : CaixaBank et Bankia envisagent de fusionner



Publié le 4 sept. 2020 à 13:42

Naissance d’un nouveau géant bancaire espagnol ? Si l’affaire n’est pas faite elle est sur les rails. CaixaBank et Bankia ont annoncé cette nuit avoir ouvert les discussions en vue d’une fusion. Les deux banques veulent unir leurs forces pour créer un nouveau champion ibérique. Dans un communiqué, Bankia confirme des contacts visant à « analyser l’éventuelle opportunité d’une opération de fusion », tandis que de son côté Caixabank précise qu’« aucun accord n’a été conclu pour le moment ».

Si le mouvement de consolidation des banques se fait encore attendre à l’échelle européenne, il a déjà commencé en Europe du Sud. Après le projet d’OPA d’Intesa Sanpaolo sur UBI Banca, en Italie , c’est maintenant au tour du secteur financier espagnol d’avancer ses pions.

Avance face à BBVA et Santander

L’union entre CaixaBank et Bankia, respectivement actuel numéro 2 et numéro 4 sur le marché espagnol permettrait de nouvelles synergies et donnerait naissance à un champion national et bouleverserait les rapports de force au sein du secteur traditionnellement dominé par la rivalité entre les groupes Santander et BBVA. Le nouveau géant pèserait 587,161 milliards d’euros d’actifs en Espagne, un tiers provenant de Bankia, et deux tiers de CaixaBank.

Il prendrait une solide avance face à BBVA (413,193 milliards d’actifs en Espagne) et Santander (315,778 milliards), les deux poids lourds qui ont largement orienté ces dernières années leurs projets d’expansion vers les acquisitions à l’étranger plus qu’en Espagne, à l’exception notable du sauvetage in extremis de Popular au bord de la faillite, racheté en 2017 par Santander pour un euro symbolique.

Le gouvernement espagnol qui détient actuellement 61,8 % de Bankia à travers le fonds de résolution bancaire, a donné son feu vert pour l’ouverture des conversations. Il deviendrait actionnaire à hauteur de 15 % de la nouvelle entité et, du côté du ministère de l’économie, on signale que la proposition d’accord de fusion sera analysée « en toute objectivité », « avec la perspective de génération de valeur », afin d’optimiser la capacité pour l’Etat à récupérer les aides versées au moment du sauvetage de Bankia, au plus fort de la crise financière.

Eponger le prix du sauvetage de 2012

Madrid qui en 2012 avait dû injecter plus de 22,4 milliards d’euros pour maintenir à flot Bankia, espère bien pouvoir enfin récupérer la plupart des fonds publics mobilisés. D’autant que la banque qui avait incarné pendant des années tous les excès et mauvaises pratiques du secteur est aujourd’hui assainie et compétitive, renforcée par l’absorption de BMN en 2017.

Elle a affiché 541 millions de bénéfices en 2019, avec « le meilleur résultat commercial de son histoire », selon son président José Ignacio Goirigolzarri. L’objectif est maintenant d’en tirer le meilleur parti pour éponger au moins une partie du prix d’un sauvetage qui a coûté cher au contribuable espagnol et avait contraint Madrid à passer sous les fourches caudines un plan d’aide européen.

Se renforcer dans les régions les plus dynamiques

Sur la Péninsule ibérique, le nouvel ensemble devrait employer 51.000 personnes et compterait 6.700 agences. Du côté des deux entités on signale que les discussions ne font que commencer et que les décisions ne seront prises qu’après analyse en profondeur des dossiers.

CaixaBank est puissante en Catalogne , sa région d’origine et le réseau de Bankia, est très implanté à Madrid, mais la fusion devrait renforcer la position du nouveau géant dans d’autres régions très dynamiques du pays comme Valence et les Baléares. Les marchés ont accueilli l’opération avec grand intérêt et l’action de CaixBanka grimpait de 1,80 euro hier à 2,05 ce matin, tandis que celle de Bankia bondissait de 1,03 euro à 1,30.



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