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Economie

EssilorLuxottica confirme le rachat de GrandVision


Le groupe franco-italien avait fait face à de nombreux obstacles réglementaires depuis deux ans.

C’est la fin d’un suspense de deux ans et la naissance d’un géant mondial des lunettes. Le franco-italien EssilorLuxottica confirme le rachat imminent du néerlandais GrandVision, après de multiples contretemps réglementaires et un conflit entre les deux acteurs.

«Après avoir étudié toutes nos options, nous avons pris la décision de finaliser l’acquisition sans plus attendre», a déclaré mardi dans un communiqué Francesco Milleri, directeur général d’EssilorLuxottica. L’opération, aux termes de laquelle EssilorLuxottica rachètera trois quarts du capital de GrandVision, sera scellée le 1er juillet et se fera au prix de 28,42 euros par action – nettement plus que le cours actuel de GrandVision -, ce qui valorisera le néerlandais environ 7,2 milliards d’euros.

Le résultat sera un géant encore plus massif qu’EssilorLuxottica, lui-même né en 2018 d’une fusion houleuse entre le français Essilor, leader mondial des verres ophtalmiques, et l’italien Luxottica, numéro un des montures de marques prestigieuses comme Prada, Chanel et Ray-Ban. A titre de comparaison, le franco-italien dégage une quinzaine de milliards d’euros de revenus et le néerlandais environ 3,5 milliards.

Tensions

Mais cette opération massive ne s’est pas faite facilement. D’abord, le rachat de GrandVision a inquiété les autorités de la concurrence dans plusieurs pays, à commencer par ceux de l’Union européenne (UE), vu la position déjà très dominante d’EssilorLuxottica. La Commission européenne n’a donné au printemps son feu vert à la transaction qu’à la condition qu’EssilorLuxottica cède des centaines de boutiques en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas. Le géant des lunettes a aussi dû convaincre les autorités turques et chiliennes.

Parallèlement, des tensions sont apparues l’an dernier entre l’acheteur et le vendeur. EssilorLuxottica a estimé que GrandVision ne l’avait pas assez bien informé sur les conséquences de la crise du Covid-19 sur son activité l’an dernier. Le franco-italien avait peur de payer trop cher pour un groupe dont les ventes ont chuté à cause de la crise. Le dialogue a tourné à l’affrontement pour finir devant un tribunal d’arbitrage néerlandais. Celui-ci a d’abord donné raison à GrandVision mais EssilorLuxottica a fait appel pour finalement obtenir une décision favorable voici quelques jours. Celle-ci levait théoriquement le dernier obstacle à l’opération. Mais le groupe franco-italien avait semé quelques doutes en disant encore étudier «ses options».

«Prêts à tourner la page»

En fin de compte, «nous sommes prêts à tourner la page», a déclaré Francesco Milleri dans le communiqué, des propos signés en commun avec son numéro deux, Paul du Saillant. L’opération se fera bien aux termes prévus à l’origine, ce qui alourdit même un peu la note pour EssilorLuxottica puisqu’il était prévu qu’il paie plus cher au cas où le rachat mette plus d’un an à se faire. «Alors que notre industrie renoue avec la croissance post-pandémie, nous estimons que c’est le moment idéal pour développer nos activités de vente au détail», ont conclu les dirigeants

Ce chapitre agité vient s’ajouter à des années 2010 déjà mouvementées pour EssilorLuxottica. La fusion entre Essilor et Luxottica avait été douloureuse, avec un conflit ouvert entre Français et Italiens. Les deux camps s’étaient opposés sur le partage des rôles au sein de la direction du nouveau groupe, avant que soit trouvé le compromis actuel avec le tandem formé par Francesco Milleri, issu de Luxottica, et Paul du Saillant, venu d’Essilor. Sur le plan financier, le groupe a, en tout cas, limité les effets de la crise en parvenant à ne pas terminer l’année dernière dans le rouge.



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